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Frédéric Valletoux, plusieurs vies et une mission délicate à la Santé

Frédéric Valletoux, alors président de la Fédération hospitalière de France (FHF), le 18 septembre 2018 à Paris (ludovic MARIN)
Frédéric Valletoux, alors président de la Fédération hospitalière de France (FHF), le 18 septembre 2018 à Paris (ludovic MARIN)

Journaliste, maire, président de la Fédération hospitalière de France: Frédéric Valletoux a connu plusieurs carrières avant d'entrer sur les bancs d'Horizons à l'Assemblée, et hérite aujourd'hui du portefeuille de ministre délégué à la Santé, dans un secteur en crise.

L'élu de 57 ans faisait déjà partie des noms cités pour le ministère de la Santé en juillet 2023, puis en janvier dernier, quand Catherine Vautrin a hérité d'un super-ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités.

Un bon ministre de la Santé "ne doit pas forcément être un docteur", racontait-il récemment à LCP, faisant valoir les "corporatismes importants" du secteur qui se heurtent parfois aux volontés de "bouger les lignes".

Le nouveau ministre ne l'est pas lui-même, mais il a eu le temps de découvrir l'écosystème, en occupant pendant onze ans la fonction de président de la Fédération hospitalière de France (2011-2022), qui regroupe la majeure partie des établissements publics de santé.

Il avait été réélu en 2016 face à Olivier Véran, futur ministre de la Santé pendant le Covid.

Pendant la crise sanitaire, Frédéric Valletoux a, à plusieurs reprises, tiré la sonnette d'alarme sur la situation des hôpitaux submergés face au Covid, notamment aux Antilles.

- "Nécessité éthique" -

L'un de ses dossiers sensibles comme ministre devrait être la réforme par décret de l'AME, aide médicale pour les étrangers sans-papiers. Mais il aura aussi à plancher sur le manque de médecins - Gabriel Attal a évoqué l'idée de recruter des médecins étrangers pour y remédier en partie -, tout comme sur la situation financière des CHU, qui ont appelé fin janvier à des "mesures d'urgence", ou sur la fin de vie.

"C'est une nécessité éthique et sanitaire de soigner les migrants", insistait le néo-ministre quelques jours avant sa nomination, soulignant toutefois que le dispositif "peut toujours être adapté".

Élu maire en 2005 de Fontainebleau, sous-préfecture de Seine-et-Marne connue pour son château royal, M. Valletoux, père de cinq enfants, a conservé son siège au gré des élections, et s'était lancé en 2020 dans son quatrième mandat.

Ancien membre des Républicains (LR), et proche de Valérie Pécresse, il quitte le parti en 2016 en critiquant son durcissement, et rejoint alors le micro-parti de centre droit Agir, avant de se rallier à Horizons, le parti d'Édouard Philippe, fin 2021.

Choix gagnant : quelques mois plus tard, il est élu député, après deux échecs en 2007 et 2012 comme candidat dissident de l'UMP.

A l'aise face aux micros, l'ancien journaliste devient l'un des porte-parole du groupe Horizons, membre de la majorité à l'Assemblée nationale.

Cheveux blancs et lunettes rondes noires, le député s'exprime sur tous les sujets, de la réforme des retraites à la loi immigration. Mais la santé reste son domaine de prédilection.

Sous cette législature, il fait définitivement adopter un texte pour améliorer l'accès aux soins, visant notamment à mieux organiser la permanence des soins sur le territoire.

- Journaliste aux Echos -

Mais son examen met en lumière des relations compliquées entre M. Valletoux et des médecins libéraux, et plusieurs syndicats se disent inquiets de voir s'installer une "forme d'obligation".

Il remporte également un bras de fer courtois mais passionné avec le socialiste Guillaume Garot: chef de file d'un groupe transpartisan, ce dernier a vu l'hémicycle rejeter leur demande d'une régulation dans l'installation de médecins sur le territoire, pour lutter contre les déserts médicaux.

Pas complètement fermé à l'idée, Frédéric Valletoux estime qu'elle ne peut être mise en œuvre qu'après avoir formé suffisamment de médecins.

"Il est affable et ouvert", reconnaît son adversaire socialiste, mais "il est toujours très soumis aux contraintes imposées par le gouvernement".

Après une scolarité passée à Fontainebleau, puis des études d'histoire, ce féru de la figure napoléonienne a ensuite travaillé comme journaliste aux Échos et à la Gazette des communes avant d'entrer au conseil municipal de... Fontainebleau.

Une ville dont il reste épris : son compte Instagram pullule de clichés de promenades dans sa célèbre forêt.

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