"Frères et soeurs": les femmes retrouvent leur place dans la nouvelle traduction du "Je confesse à Dieu" catholique

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Le pape François au-dessus du nouveau missel.  - AFP PHOTO / VATICAN MEDIA
Le pape François au-dessus du nouveau missel. - AFP PHOTO / VATICAN MEDIA

C'est le fruit d'un prudent travail de révision qui s'est étalé le long de 15 ans. L'Eglise a annoncé mercredi la mise au point d'une nouvelle traduction de son missel romain. Un livre qui indique le déroulement, les gestes et les paroles de la célébration de l'eucharistie pour les catholiques. En d'autres termes, le missel contient la trame de la messe et surtout les textes des prières que prononcent les fidèles pendant l'office. Parmi les menus ajustements qu'on trouve dans cette nouvelle version, un élément retient particulièrement l'attention: cette version revue et corrigée accorde une plus grande place aux femmes.

Pas une "concession au féminisme"

C'est d'abord le "Confiteor" - cette supplique lors de laquelle le croyant "confesse à Dieu tout-puissant" avoir "péché en pensée, en parole par action et par omission" - qui s'étoffe. Il faudra désormais "reconnaître" sa faute devant ses "frères et soeurs" et non plus seulement devant les premiers. Enfin, la prière d'intercession pour les défunts mentionnera dorénavant les "servantes" sitôt après les "serviteurs".

Au moment d'officialiser ces changements - les premiers apportés au texte depuis 1970 dans le sillage du concile Vatican-II - Bernadette Mélois, directrice du Service national de la Pastorale liturgique et sacramentelle au sein de la Conférence des évêques de France, a toutefois mis en garde. Il ne s'agit ni d'une révolution, ni d'une nouveauté, et encore moins d'une "concession au féminisme", comme elle l'a précisé sur Twitter, mais d'un retour "à la richesse du texte latin".

"'Frères et sœurs' renvoie à la fraternité tant significative de l’Église du premier millénaire. En incluant les 'sœurs' dans le discours, le Missel reprend l’antique manière des chrétiens de s’adresser les uns aux autres, comme 'frères et sœurs', égaux dans le Christ-frère", poursuit Bernadette Mélois sur le réseau social.

Les "servantes" peuvent revenir

La réintroduction des femmes dans la prière pour les défunts marque là aussi un retour à la source latine. "On priera non seulement pour les hommes mais aussi pour les femmes. Ça se trouvait déjà en fait dans le texte latin du missel romain mais c'était pas les 'hommes et les femmes', c'était les 'serviteurs et les servantes'", clarifie ainsi le père Henri Delhougne, coordinateur de la Commission du missel romain en charge de cette traduction française, dans une vidéo publiée sur YouTube.

https://www.youtube.com/embed/3qiwFW4PpZo?rel=0&start=1

"Famulorum famularumque", liste ainsi l'original, dont le vernaculaire avait paru embarrassant dans le monde des années 1970.

"Alors ça a été gommé il y a 50 ans, quand on a traduit: 'Souviens-toi Seigneur de tes serviteurs et de tous ceux qui sont ici réunis'. Probablement, parce qu'à cette époque on estimait que parler des servantes, c'était un peu dépréciatif, dans la mesure où il existait encore beaucoup de servantes", note le traducteur.

Les ouailles ont encore quelques semaines pour se préparer à prendre de nouveaux repères. Ces modifications n'entreront en effet en vigueur qu'à la fin de cette année 2021.

Article original publié sur BFMTV.com

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