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La fourmi et le lion, ou l'histoire d'un bouleversement de l'écosystème de la savane kényane

Au Kenya, l’invasion de la fourmi à grosse tête a contraint les lions à modifier leur régime alimentaire. Des études ont effet démontré que l'arrivée de cette espèce avait entraîné cinq à sept fois plus de dégâts causés par les éléphants sur les acacias de la région, et privé en conséquence les lions des cachettes nécessaires pour traquer les zèbres.

Tout commence il y a quinze ans, avec une étude très sérieuse parue dans la revue Science. Au départ, régnait une parfaite harmonie. Les acacias siffleurs, petits arbustes de la savane kényane, étaient préservés des éléphants, qui raffolent de leur feuillage, grâce aux piqûres d’une fourmi locale vivant au pied de ces mêmes acacias.

Mais une autre espèce de fourmi, la fourmi à grosse tête, a chassé les précédentes, privant ainsi les acacias de leurs plus fidèles protectrices. Une aubaine pour les éléphants, mais une catastrophe pour les lions. Car en dévorant les feuillages d’acacias, les pachydermes ont contribué à la diminution de la couverture forestière, qui permet aux lions de se dissimuler lors de la chasse aux zèbres.

Les lions se sont finalement adaptés en se rabattant sur les buffles, proie plus difficile à capturer. Le nombre de lions est toutefois resté stable, « même après tous les effets en cascade qui se sont produits », a expliqué à l'AFP Douglas Kamaru, auteur principal de l'étude.

Ces fourmis à grosse tête pourraient également causer des problèmes à d'autres espèces qui dépendent de l'acacia siffleur, comme les girafes ou le rhinocéros noir, en danger critique d’extinction. C’est l'une des questions que se posent les chercheurs qui redoutent plus globalement les effets des quelque 3 500 espèces considérées comme envahissantes sur la biodiversité.


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