Des fossoyeurs jugés pour avoir volé des dents en or

Louise Colcombet
Les fossoyeurs ont agi sur des tombes dont les concessions, arrivées à échéance, n’avaient pas été renouvelées

Quatre hommes comparaissent ce jeudi pour avoir revendu le précieux métal arraché aux cadavres du cimetière de Pantin, en Seine-Saint-Denis


Ils ont sans doute eu les dents trop longues… Quatre hommes, dont trois fossoyeurs, comparaissent ce jeudi devant le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour vol aggravé et, pour deux d’entre eux, violation de sépulture et atteinte à l’intégrité d’un cadavre.

Des délits passibles de cinq ans de prison qui recouvrent une réalité pour le moins sordide : ces hommes, employés de la mairie de Paris et affectés à l’entretien du cimetière parisien installé sur la commune de Pantin (Seine-Saint-Denis), sont suspectés de s’être servis sur les cadavres qu’ils étaient censés veiller en leur arrachant leurs dents en or… Un métal précieux qu’ils revendaient au poids dans les nombreuses boutiques spécialisées qui ont fleuri ces dernières années avec l’envol du cours. Ils auraient ainsi empoché à eux quatre près de 20 000 € entre 2009 et 2012 – une estimation basse, l’or dentaire pouvant aussi être payé en espèces…

Des tombes en déshérence

Pour leur défense, les fossoyeurs – dont David B., présenté par tous comme « l’instigateur » de cette pratique – ont argué qu’ils la pensaient légale, en tout cas tolérée et courante dans ce milieu. David B. affirme toutefois n’avoir jamais agi que dans le cadre de son travail et sur des tombes dites « en déshérence », celles dont les concessions sont arrivées à échéance et qui ne sont pas renouvelées… Des sépultures oubliées, comme leur locataire, qu’il faut alors vider et remettre en état pour les revendre.

C’est dans ces uniques occasions, soutient David B., qu’il aurait « trouvé » ces dents ainsi que quelques bijoux. « Il n’a jamais eu l’intention de voler à qui que ce soit, il s’agissait pour lui d’objets abandonnés, abonde son avocat Me Yves Crespin. Il voyait cela comme une forme de complément de salaire », ose même le pénaliste, qui conteste le vol et plaide la bonne foi de son client. Sauf qu’à (...)

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