La fortune colossale de la famille Assad

Un rapport du département d’État américain estime la fortune de la famille élargie du président syrien Bachar El-Assad entre un et deux milliards de dollars a minima. Mais il est très difficile de se faire une idée précise de leurs actifs, dissimulés par un réseau de société écrans et de noms d’emprunt.

“Les estimations basées sur des informations accessibles à tous placent la fortune de la famille Assad entre un et deux milliards de dollars”, peut-on lire dans un récent rapport du département d’État américain demandé par le Congrès, et dont une partie seulement a été rendue publique.

Une estimation que l’administration américaine elle-même considère comme “inexacte” et sous-estimée. La difficulté d’estimer avec précision la fortune de Bachar El-Assad et des membres de sa famille élargie est due au fait que leurs actifs “sont cachés dans de nombreux comptes, portefeuilles immobiliers, sociétés offshore et paradis fiscaux”, souvent grâce à des sociétés écrans ou des noms d’emprunt, explique le site d’information syrien Enab Baladi.

“La famille Assad est connue pour diriger d’importants conglomérats implantés dans les régions contrôlées par le gouvernement et qui gèrent absolument tout, des télécommunications à l’énergie, et même le trafic de drogue.”

L’estimation partielle faite par Washington inclut le président syrien, mais aussi son épouse Asma “qui exerce une influence significative” sur l’économie du pays, indique le rapport, son frère Maher El-Assad, commandant d’une division de l’armée de terre lui permettant d’être “à la tête d’un réseau de parrainage impliqué dans des activités illégales”, sa sœur Bouchra et son oncle Rifaat, qui était à la tête d’un portefeuille immobilier en Europe d’une valeur de 850 millions de dollars avant sa confiscation en 2020 par la justice française et britannique.

S’y ajoutent ses cousins maternels Ihab et Rami Makhlouf – ce dernier étant “considéré comme l’un des hommes les plus riches et les plus puissants de Syrie” avant qu’il ne s’oppose publiquement à Bachar en 2020 et ne voie ses avoirs placés sous le contrôle de l’État syrien – et paternels Dhou el-Himma et Riad Chalich. Washington a imposé des sanctions économiques à toutes ces personnes.

La Syrie a été ravagée par une guerre qui a débuté en 2011 et fait depuis un demi-million de morts et des millions de déplacés. Le pays, dont Damas a récupéré une majeure partie sous son contrôle, vit une profonde crise économique. Malgré les sanctions occidentales contre le régime soutenu par la Russie et l’Iran, certains pays arabes, comme les Émirats arabes unis, normalisent progressivement leurs relations avec Assad.

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