Formule 1 - Lewis Hamilton s’impose à Suzuka

GRAND PRIX DU JAPON – Le Britannique a connu une course tranquille. Profitant de l’abandon prématuré de Vettel et du coup de mains (peu fair play) de Bottas, le pilote Mercedes accroit son avance au championnat.

(AFP)

Il n’en attendait pas tant. En pole, Lewis Hamilton avait le job samedi. Mais le Britannique savait que le rythme de la Ferrari de Sebastian Vettel, à ses côtés en première ligne, serait une menace. Finalement, l’Allemand a dû rapidement jeter l’éponge, laissant un boulevard au pilote Mercedes vers la victoire… et au championnat.

Le cauchemar de Vettel

Car Ferrari a encore une fois pêché par sa fiabilité. Dès son tour de mise en place, Vettel s’est plaint à son stand de sa machine. Sans savoir l’expliquer, l’Allemand sentait que quelque chose clochait sur sa monoplace. Après avoir tenté plusieurs changements de réglages sur son volant dans le tour de formation, il a dû se rendre à l’évidence, ce Grand Prix du Japon allait être un calvaire.

Contenu par Hamilton au départ, Vettel a vite vu son rythme baisser, au point de perdre 5 places en 3 tours. Finalement, Ferrari a préféré rappeler son poulain aux stands au 5e tour pour abandonner. La Scuderia a fait savoir qu’une bougie du moteur avait cassé.


Hamilton peut remercier Bottas, Alonso et Massa

Son rival au tapis, Hamilton pouvait donc gérer tranquillement sa course. Mais derrière le Britannique, Red Bull ne comptait pas se contenter de suivre le rythme du leader. En anticipant un peu son arrêt aux stands, Verstappen a mis la pression sur Mercedes, qui a choisi de calquer sa stratégie sur celle du Néerlandais.

Sous la menace de la Red Bull, Hamilton s’est alors retrouvé bloqué derrière son coéquipier, leader provisoire. Ni une, ni deux, les Flèches d’Argent ont fait comprendre au Finlandais de ne pas gêner son voisin de garage. Après avoir laissé passer le leader au championnat du monde, Bottas s’est gentiment mis à ralentir, faisant perdre beaucoup de temps à Verstappen.


Mais Max la menace n’a pas baissé les bras. En fin de course, il est à nouveau revenu dans les échappements de la Mercedes numéro 44. C’est à ce moment que Massa et Alonso, retardataires en lutte pour la 10e place, ont apporté eux aussi leur pierre à l’édifice, en laissant passer Hamilton, mais pas Verstappen.

Victime de vibrations sur sa monoplace en fin de course, Hamilton n’a pas totalement savouré sa victoire. Malgré l’inquiétude entourant sa voiture, le Britannique peut toutefois se réjouir de quitter l’Asie avec 59 points de plus que son rival au championnat.

Suzuka réussit aux Français

Au départ, Esteban Ocon, cinquième sur la grille, a réalisé un très bel envole, se retrouvant rapidement troisième. Ne pouvant contenir éternellement les assauts de Ricciardo et Bottas, le pilote Force India s’est ensuite incliné devant Räikkönen. Mais sa sixième place finale (devant Pérez) est un excellent résultat.

De son côté, Pierre Gasly a poursuivi son apprentissage. S’il a terminé à la 13e place, il est parvenu à ramener sa voiture à l’arrivée, contrairement à Sainz, accidenté dès le départ. « C’était difficile de se montrer agressif ce dimanche, a réagi le pilote Toro Rosso à l’arrivée. J’ai eu pas mal de blocage. Je n’arrivais pas à faire ce que je voulais avec la voiture. Il va falloir continuer à travailler dur pour pousser plus lors des prochaines courses. »

Enfin, Romain Grosjean a terminé dans les points. Neuvième, le Français aurait pu tenter quelque chose sur son coéquipier pour gagner une position en fin de course. Mais de son propre aveux, « ça aurait été prendre des risques ». On ne peut pas lui donner tort.

Le résultat complet du Grand Prix du Japon : 


Les tops :

Max Verstappen : Le Néerlandais a tout donné ! Après un début de saison compliqué – bon, ok, les deux tiers de la saison -, ponctué de (trop) nombreux abandons, Max Verstappen est la révélation de cette fin de championnat. Alors que Vettel galère avec la fiabilité de sa Ferrari, le Néerlandais semble le seul en mesure de compliquer la marche en avant de Lewis Hamilton. Débarrassé de son chat noir, Verstappen impose sa loi à son coéquipier et (re)commence à rapporter de gros points à son équipe. On ne peut qu’applaudir.


Haas : Après des qualifications compliquées, les deux pilotes Haas sont parvenus à ramener des points de Suzuka. Profitant des abandons, mais aussi du bon rythme de leur monoplace, Magnussen et Grosjean sont peu à peu remontés au classement. Parfois – souvent – critique à l’égard du comportement de sa voiture, le Français a montré une confiance en sa machine totale ce week-end. A deux semaines de leur course à domicile, les Haas peuvent se féliciter.

Le public : Oui, nous aurions pu saluer la bonne opération d’Hamilton au championnat. Nous aurions aussi pu récompenser McLaren et Alonso, qui ont cru jusqu’au bout aux points. Mais le public japonais mérite sans conteste une vraie reconnaissance. Aucun circuit n’attire des fans aussi passionnés, aussi dévoués… et aussi excentriques ! Des déguisements, des couvre-chefs tous plus originaux les uns que les autres, des heures passées sur le circuit ou devant les hôtels pour apercevoir leurs héros, rien n’arrête les Japonais. Et ça, ça fait du bien !

Mention spéciale aux mécaniciens Renault : A la fin du 40e tour, Hülkenberg est contraint de rentrer aux stands, son DRS ne voulant plus se refermer. Alors qu’une monoplace coûte quelques millions d’euros, le mécanicien de l’Allemand a usé d’une manière peu conventionnelle pour tenter de réparer l’aileron arrière de son pilote. Sans surprise, cela n’a pas fonctionné !


Les flops :

Ferrari : Ou comment faire perdre le championnat à son pilote ! Cela fait trois courses que la Scuderia est incapable de jouer aux avant-postes. Si à Singapour, c’est un accrochage qui a ruiné les chances du Cheval cabré, depuis, c’est la fiabilité qui est en cause. Après un problème de turbo en Malaisie, une bougie cassée a ruiné la course de Vettel. Avec ce nouveau 25 à 0 infligé par Hamilton, l’Allemand voit ses chances de titre s’échapper encore un peu plus.


Mercedes et Valtteri Bottas : Oui, les consignes d’équipe ont (malheureusement) toujours existé en Formule 1. Mais il y a la manière, quand même ! Bloqué derrière Bottas, leader à la faveur des arrêts aux stands et sur une stratégie différente, Hamilton s’est plaint à son stand du retour dans ses rétros d’un certain Verstappen. Ni une, ni deux, on a vu Bottas se garer gentiment. On s’y attendait. Mais la suite nous a rendu un peu chafouin. Car le Finlandais a ensuite largement ralenti, faisant perdre un temps fou au pilote Red Bull et nous privant au passage d’une belle bagarre. Même Barichello savait se montrer plus discret à l’époque !

La voiture de sécurité virtuelle : Non mais là, on dit non ! Ne pas vouloir sortir la safety car à chaque petite sortie de piste, c’est normal. Mais la direction de course à Suzuka aurait pu légitiment la lancer en piste lors de la sortie de piste de Lance Stroll. A la place, elle a préféré mettre en place la voiture de sécurité virtuelle. Résultat, les pilotes ont certes levé le pied, mais ne se sont pas retrouvés dans les échappements les uns des autres. C’est vrai que une vraie safety car aurait apporté un peu de spectacle à une fin de course d’un ennui mortel. Cela aurait été vraiment dommage !


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