Les formes d'esclavage moderne ont considérablement augmenté, selon l'OIT

L’esclavage a beau avoir été aboli, 50 millions de personnes dans le monde sont toujours victimes « d’esclavage moderne ». C’est ce que dit l’OIT, l’Organisation internationale du travail, dans un rapport. Par esclavage on entend travail ou mariage forcé. 50 millions, c’est 10 de plus qu’en 2016. Le signe que le temps, et la pandémie, n’ont pas arrangé les choses.

Avec notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche

Plus de la moitié des victimes d’esclavage moderne, presque 27 millions, entrent dans la catégorie du travail forcé. On pense à la minorité Ouïghoure, en Chine. On pense aussi aux travailleurs migrants, qui ont trois fois plus de chances d’être exploités que les autres. On pense enfin aux 3,3 millions d’enfants obligés de travailler. Et pour une bonne part, victimes d’exploitation sexuelle.

A peine moins nombreuses, les victimes de mariages forcés sont là aussi en augmentation. La grande majorité résident en Asie. Même si en proportion, le risque d’être marié de force est plus grand dans les pays arabes.

Le tableau n’est donc pas bon. C’est la conséquence d’un enchaînement de crises : pandémie, choc climatique, guerre en Ukraine, pour ne nommer qu’elles, et qui ont plongé une partie de la population mondiale dans la pauvreté. L’esclavage moderne en est une facette. Mais on aurait tort de croire qu’il est réservé aux pays pauvres. Dans plus de la moitié des cas, le travail forcé a lieu dans les pays à revenu élevé.


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