Le format Normandie à Paris, un outil efficace pour la crise en Ukraine?

Lucie Oriol
Réunion sous le Format Normandie en octobre 2015

SOMMET - Beaucoup reste encore à faire. Ce lundi 9 décembre, Emmanuel Macron accueille à Paris le président russe Vladimir Poutine, la chancelière allemande Angela Merkel et le président ukrainien Volodymyr Zelensky, sous le Format Normandie, le premier sommet du genre depuis 2016. Sous cette appellation inventée par une journaliste américaine en 2014 se cache une relation quadripartite entre la France, l’Allemagne, la Russie et l’Ukraine, avec pour objectif le règlement de la crise au Donbass.

En 2014, l’arrivée au pouvoir de dirigeants pro-occidentaux à Kiev en 2014 avait été suivie par l’annexion de la Crimée par la Russie et d’un conflit armé dans l’est de l’Ukraine avec des séparatistes pro-russes, que Kiev et les Occidentaux accusent Moscou de soutenir. Pour tenter de calmer les tensions, François Hollande avait organisé le 6 juin 2014, dans la foulée des commémorations du Débarquement en Normandie une réunion semi-officielle entre les quatre pays.

Depuis cette grande première à Bénouville, d’autres sommets, réunions, échanges téléphoniques ont eu lieu entre les quatre protagonistes, sans jamais qu’il n’y ait de “rupture dans les canaux diplomatiques” même si “les résultats concrets se font encore attendre”, estime Anne de Tinguy, historienne et spécialiste de la politique étrangère de la Russie et de l’Ukraine contactée par Le HuffPost. Depuis cinq ans, le conflit au Donbass a fait 13.000 morts et plus de 100.000 déplacés, rappelle-t-elle. “Les enjeux de ce sommet sont donc très importants, même si paradoxalement, il ne faut pas en attendre énormément”.

Une configuration idéale...

Sur le fond, analyse la chercheuse, le Format Normandie se présente comme un 2+2, les deux puissances européennes que sont la France et l’Allemagne, face aux deux pays en conflit, l’Ukraine et la Russie. “Ce n’est pas anodin que Paris et Berlin soient à la manœuvre, ce sont deux pays qui ont du poids et dont la participation engage de fait l’Union européenne”.

Surtout, ajoute Anne de...

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