Biden va annoncer le retrait d'ici au 11 septembre des forces américaines d'Afghanistan

par Phil Stewart, Idrees Ali et Steve Holland
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BIDEN VA ANNONCER LE RETRAIT D'ICI AU 11 SEPTEMBRE DES FORCES AMÉRICAINES D'AFGHANISTAN

par Phil Stewart, Idrees Ali et Steve Holland

WASHINGTON (Reuters) - Le président Joe Biden prévoit d'annoncer le retrait d'ici au 11 septembre des 2.500 soldats américains encore déployés en Afghanistan, ont déclaré mardi des responsables américains.

Cette date butoir coïncide avec le vingtième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, à la suite desquels les Etats-Unis ont envoyé des troupes dans le pays pour mettre fin au régime alors dirigé par les taliban.

La divulgation de ce projet intervient en même temps que la publication d'un rapport pessimiste du renseignement américain sur les chances de conclure un accord de paix cette année en Afghanistan et sur celles du gouvernement de Kaboul de contenir l'insurrection armée islamiste sans le soutien de Washington.

Joe Biden officialisera cette décision mercredi, a fait savoir la Maison blanche.

Les Etats-Unis ne respecteront donc pas la date butoir du 1er mai pour un retrait militaire américain promise en février 2020 par Donald Trump, alors locataire de la Maison blanche, en accord avec les taliban.

Dans un communiqué diffusé le mois dernier, les insurgés islamistes ont menacé de reprendre les hostilités si cet horizon n'était pas respecté.

Ils ont prévenu mardi qu'ils ne participeraient à aucune conférence sur l'avenir du pays tant que les forces étrangères n'auraient pas quitté le territoire afghan.

Une conférence est programmée le 24 avril à Istanbul mais les taliban n'avaient pas encore confirmé leur participation.

Un haut responsable de l'administration Biden a toutefois déclaré que le retrait des soldats américains commencerait avant le 1er mai et pourrait s'achever bien avant le 11 septembre.

"PAS DE SOLUTION MILITAIRE"

Ce retrait, a-t-il ajouté, ne sera pas conditionné à la situation sécuritaire ni à des garanties en matière de droits de l'homme.

"Le président a jugé qu'une approche conditionnelle, celle qui a été de mise pendant deux décennies, est la recette pour rester indéfiniment en Afghanistan", a déclaré ce haut responsable lors d'un point presse avec des journalistes.

"Il n'y a pas de solution militaire aux problèmes qui rongent l'Afghanistan et nous concentrerons nos efforts sur le soutien au processus de paix en cours", a-t-il ajouté.

Plusieurs présidents américains successifs ont tenté de sortir du "bourbier" afghan mais leurs espoirs ont été douchés par les inquiétudes concernant les forces de sécurité locales, la corruption endémique et la résilience des insurgés qui ont pu trouver refuge au Pakistan voisin.

Dans son rapport publié mardi et adressé au Congrès, le renseignement américain écrit : "Kaboul continue à enregistrer des revers sur le champ de bataille et les taliban sont confiants de parvenir à une victoire militaire."

A Kaboul, un haut responsable du gouvernement a déclaré que les autorités devront "survivre aux conséquences" de ce retrait qui "ne doit pas considéré comme une victoire des taliban".

Le secrétaire d'Etat Antony Blinken et le secrétaire à la Défense Lloyd Austin devraient informer leurs partenaires de l'Alliance mercredi à Bruxelles de cette décision.

Selon le Times, la Grande-Bretagne va suivre le mouvement et annoncer le retrait de presque toutes ses troupes du pays, au nombre d'environ 750.

Le contingent américain en Afghanistan est désormais réduit à 2.500 hommes, après un pic de plus de 100.000 hommes atteint en 2011. Environ 2.400 soldats américains ont été tués dans le conflit et des milliers d'autres ont été blessés.

(version française Nicolas Delame et Jean-Stéphane Brosse)