Les forces éthiopiennes appellent les Tigréens à fuir la capitale rebelle

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LES FORCES ÉTHIOPIENNES APPELLENT LES TIGRÉENS À FUIR LA CAPITALE REBELLE
LES FORCES ÉTHIOPIENNES APPELLENT LES TIGRÉENS À FUIR LA CAPITALE REBELLE

ADDIS ABEBA/NAIROBI (Reuters) - Les forces gouvernementales éthiopiennes se préparent à encercler la capitale de l'Etat du Tigré, tenue par les rebelles, et pourraient la bombarder pour contraindre les insurgés à se rendre, a annoncé dimanche un porte-parole de l'armée fédérale.

"Les prochaines phases seront la partie décisive cette opération, qui consiste à encercler Mekelle avec des blindés", a dit le colonel Dejene Tsegaye sur la chaîne publique EBC.

"Nous voulons envoyer un message aux civils de Mekelle, sauvez-vous de tout attaque d'artillerie et libérez-vous de la junte (...) Après cela, il n'y aura pas de pitié."

La capitale du Tigré abrite quelque 500.000 habitants.

Les troupes fédérales du Premier ministre Abiy Ahmed progressent dans sa direction, et ont déjà pris une série de localités à la suite de bombardements aériens et de combats au sol.

Abiy Ahmed a donné aux forces rebelles trois jours pour se rendre avant que l'armée lance une offensive sur Mekelle.

"Nous vous exhortons à vous rendre pacifiquement dans les 72 heures", a-t-il écrit dans un message sur son compte Twitter.

De leur côté, les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) ont indiqué qu'ils creusaient des tranchées pour défendre la ville. Ils refusent d'abdiquer.

"Encercler Mekelle est peut-être leur plan mais ils n'y sont pas encore arrivés", a déclaré par texto le chef rebelle Debretsion Gebremichael à l'agence Reuters. "Sur le front sud, ils n'ont pas progressé d'un pouce depuis plus d'une semaine. Ils envoient vague après vague mais en vain."

Depuis que les troupes fédérales ont lancé des opérations militaires dans cet Etat du nord de l'Ethiopie, le 4 novembre dernier, le conflit a fait des centaines, voire des milliers de morts. Plus de 30.000 personnes se sont par ailleurs réfugiées au Soudan voisin et des tirs de roquette contre l'Etat éthiopien d'Amhara et l'Erythrée voisine font craindre une déstabilisation de toute cette région de l'Est africain.

(Katharine Houreld et Andrew Cawthorne; version française Henri-Pierre André et Elizabeth Pineau)