Forcené neutralisé en Dordogne : y a-t-il eu des failles autour de son parcours judiciaire ?

·4 min de lecture

L'homme, qui a été neutralisé à la mi-journée par les gendarmes, avait déjà été condamné à quatre reprises pour des faits de violences conjugales. Il était par ailleurs porteur d'un bracelet électronique.

Après deux jours de traques, l'individu qui s'en était pris à son ex-compagne et son petit ami en Dordogne a finalement été neutralisé ce lundi midi par les autorités. Terry Dupin a été blessé par un tir de riposte lors de son interpellation et se trouve actuellement entre les mains des secours. L'homme, dans une "logique suicidaire" selon le général Pétillot, commandant de la région de gendarmerie de Nouvelle Aquitaine, était déjà bien connu des autorités, ce qui interroge aujourd'hui sur le suivi judiciaire de ce profil dangereux.

• Condamné à quatre reprises, et pourtant "libre"?

L'ancien militaire a été condamné à quatre reprises par la justice pour des violences conjugales au préjudice de son ex-compagne. Sa première condamnation pour violence sur conjoint a été décidée par le tribunal de Bergerac, en mars 2015, avec une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis et mise à l'épreuve pendant deux ans. En février 2017, le tribunal de Périgueux l'a à nouveau condamné à six mois avec sursis, une peine assortie d'obligation de soins. Sept mois plus tard, le 11 septembre 2017, le même tribunal le condamne en comparution immédiate à un an d'emprisonnement avec mandat de dépôt.

Pour des faits commis en janvier 2021, le même tribunal condamne Terry Dupin le 19 février en comparution immédiate à 16 mois de prison dont huit avec sursis et mise à l'épreuve, mais sans maintien en détention alors qu'il avait passé quelques semaines en détention provisoire, le temps de préparer sa défense. Le 3 mai dernier, sa peine de huit mois ferme est aménagée avec l'obligation de porter un bracelet électronique et de ne pas s'approcher de son ex-compagne, mère de ses trois enfants.

"Effectivement, ce monsieur bénéficiait d’un aménagement de peine, mais cette décision a été prise dans le respect absolu des textes, avec une prise en compte certainement de la personnalité et des garanties de représentation qu’il pouvait avoir", explique à BFMTV Marion Bonneaud, secrétaire nationale CGT-Insertion probation.

La représentante syndicale tient à rappeler "qu’il ne faut pas occulter que la personne était placée sous sursis probatoire, il n'était pas lâché dans la nature mais astreint à des mesures de contrôle, de suivi et d’accompagnement".

• Avait-il droit de disposer d’une arme à feu?

L'homme de 29 ans, lourdement armé au moment des faits, "avait interdiction de détenir des armes", a précisé la procureure de Périgueux. En effet, comme le rappelle le ministère de l’Intérieur, un individu condamné pour des faits de violences à plusieurs reprises, inscrits au casier judiciaire, ne peut détenir une arme.

"L'arme qu'il a utilisée cette nuit et qu'il utilise actuellement, vraisemblablement, est une arme qui a été obtenue illégalement", a donc envisagé dimanche soir la procureure de Périgueux.

• Le bracelet électronique a-t-il aidé les gendarmes à le localiser?

Les bracelets électroniques n’ont pas de système de géolocalisation. Sur les 16.000 personnes disposant d’un bracelet électronique en France, seule une cinquantaine disposent d’un GPS. Le bracelet électronique, accroché à la cheville, est une alternative à la prison qui vise à limiter la liberté du porteur, en l’obligeant à respecter des horaires de sortie, pour lui permettre tout de même de conserver un emploi.

Il y a un système d’alarme, avec un capteur qui envoie à la prison à laquelle vous êtes rattachée un signal si vous n’êtes pas à votre domicile à l’heure convenue. Le juge est aussitôt prévenu et la personne est alors considérée en évasion. Toutefois, les services de police ne se mettent pas immédiatement en alerte, puisque les légers retards de porteurs de bracelets électroniques sont fréquents, par exemple à cause d’un problème de transport.

"Cela reste une mesure de confiance (...) mais la confiance peut être rompue", concède Marion Bonneaud.

Les quelques bracelets électroniques avec GPS qui existent sur le territoire sont réservés aux individus les plus sensibles, par exemple condamnés pour des faits de terrorisme ou de délinquance sexuelle.

"Je ne pense pas qu’il y a eu de dysfonctionnements, il y a juste eu une application de la loi. C’est parfois difficile à entendre mais le risque zéro n’existe pas", conclut la secrétaire nationale CGT-Insertion probation.

Article original publié sur BFMTV.com

Ce contenu peut également vous intéresser :

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles