"Pas la force de prévenir": à Reims, un homme vivait depuis 5 mois avec le cadavre de sa mère dans son salon

Un homme a été placé en garde à vue après la découverte du cadavre de sa mère septuagénaire dans le salon de leur logement à Reims. Selon le procureur, l'homme n'aurait pas eu la force de prévenir de sa mort.

Elle se décomposait sur le divan. Marguerite, 75 ans, était décédée depuis mai selon son fils lorsque les pompiers ont pénétré dans l'appartement qu'ils occupaient ensemble vendredi. C'est là que la vieille dame a été découverte après l'alerte donnée par le bailleur social du logement, selon le journal L'Ardennais.

Après la découverte macabre, le fils a été interpellé pour meurtre et placé en garde à vue avant que celle-ci soit levée dans la journée, les résultats de l'autopsie permettant "à priori" d'exclure la possibilité d'un crime, selon le procureur. Il est plus probable qu'elle soit en réalité morte de cause naturelle, étant déjà malade.

"Je savais qu'il avait la phobie des gens"

L'homme qui vivait avec sa mère "n’aurait pas eu la force de prévenir du décès", affirme le magistrat. Les voisins de la famille affirment qu'il souffre de "problèmes psychologiques" liés à un handicap. L'homme a depuis été hospitalisé après un examen psychiatrique.

"Je savais qu’il avait la phobie des gens mais pas au point d’imaginer qu’il aurait eu peur de prévenir et de rester avec le cadavre de sa mère", confie une voisine à L'Ardennais.

Les enquêteurs s'interrogent encore sur la capacité du fils à supporter l'odeur de putréfaction, qui plus est dans "un appartement totalement insalubre" et jonché de "beaucoup de détritus". Les portes blindées du logement, de même que son emplacement (au quatrième et dernier étage de l'immeuble), pourrait d'un autre côté expliquer que les voisins n'aient rien senti dans les couloirs.

"Une dame très gentille, très généreuse"

Marguerite et son fils avaient une règle selon leurs voisins: ne jamais laisser personne entrer chez eux. La septuagénaire avait commencé à se faire livrer de la nourriture régulièrement quand sa santé avait commencé à l'empêcher de cuisiner et que les livreurs avaient pour obligation de laisser la nourriture devant la porte. Une pratique que son fils avait fait perdurer après le décès de sa mère au printemps et qui lui permettait d'éviter de sortir de chez lui.

De même, la Rémoise n'avait pas apprécié que ses voisins appellent les pompiers puis le Samu durant la crise sanitaire lorsqu'elle ne donnait plus du tout de nouvelles mais qu'elle était encore vivante. Ils n'étaient donc pas étonnés de ne pas avoir de signe d'elle depuis mai. C'est finalement le bailleur social de l'appartement qui, n'ayant plus de contact avec les locataires, a fait le choix de joindre les secours.

Marguerite vivait dans cet appartement depuis plus de 40 ans. Son mari était décédé peu après leur emménagement. Ancienne routière, elle était "fière" de son métier selon ses voisins, qui parle aujourd'hui d'une "dame très gentille, très généreuse. (...) La seule chose, c’est qu’elle ne voulait personne chez elle".

Article original publié sur BFMTV.com

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