Football: violences au centre d'entraînement de l'OM, envahi par des fans en colère

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À quelques heures du match de Ligue 1 entre l'Olympique de Marseille et le Stade Rennais, des centaines de fans marseillais ont manifesté devant la Commanderie, le centre d'entraînement du club phocéen. Mécontents des résultats et de la politique sportive, ils ont crié leur colère, et certains ont réussi à pénétrer dans les lieux, provoquant quelques dégradations. 25 personnes ont été interpellées. Le match contre Rennes a été reporté par la Ligue.

Quatre défaites consécutives, le podium qui s'éloigne en Ligue 1, des résultats décevants... et une fracture de plus en plus prononcée entre les supporters et leur club. Cette saison 2020-2021 s'avère pénible pour l'Olympique de Marseille à bien des niveaux.

Les fans, échaudés par la campagne en Ligue des champions (élimination au premier tour, une victoire pour cinq défaites), le jeu proposé, les derniers résultats, la faillite de certains cadres et la politique sportive affichée par les dirigeants, ont déjà exprimé leur exaspération ces dernières semaines. Ce samedi, la colère d'une partie d'entre eux s'est manifestée plus violemment.

Jacques-Henri Eyraud, la cible de la colère des fans

En début d'après-midi, plusieurs centaines de supporters ont mené un coup de force au centre d'entraînement Robert Louis-Dreyfus, aussi appelé La Commanderie. Leur manifestation a commencé autour des lieux avec des fumigènes, des pétards et des banderoles hostiles à la direction, en particulier à Jacques-Henri Eyraud, le président de l'OM.

Ce dernier est particulièrement décrié par une large partie des fans marseillais. Outre certains choix stratégiques qui n'ont pas fait l'unanimité ces dernières saisons, Jacques-Henri Eyraud a irrité de nombreux supporters en décembre à cause de ses mots lors d'une conférence sur le management. Le dirigeant avait notamment déclaré : « J'ai toujours aimé l'OM mais j'essaie aussi de me détacher de ce que veut dire une victoire, une défaite. (...) Quand je suis arrivé à l’OM, j’ai été frappé de voir que 99% des collaborateurs du club étaient marseillais. C’est un danger et c’est un risque. »

En réponse à ces paroles et aux difficultés rencontrées par leur équipe, les supporters ont déployé des banderoles autour de La Commanderie et dans plusieurs endroits de la cité phocéenne. « JHE : Pas de Marseillais à l'OM ? Dégage d'ici », « JHE, Marseille te vomit », « Les Parisiens, cassez-vous », « Direction, c'est la fin »...

Des violences dans La Commanderie, la Ligue reporte le match Marseille-Rennes

La situation autour du centre d'entraînement a fini par dégénérer. Plusieurs manifestants ont réussi à entrer dans les lieux et ont commis des dégradations. Le journal L'Équipe évoque du matériel cassé, la valise de l'entraîneur André Villas-Boas ouverte et le bus caillassé. Un joueur aurait aussi été pris à partie. Sur Twitter, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône a communiqué : « 300 supporters de l'OM ont violemment pris à partie les policiers présents pour sécuriser La Commanderie. » Elle a ajouté que 25 personnes ont été interpellées et que sept policiers ont été blessés lors de ces événements.

Le calme est revenu à La Commanderie vers 16h. Face à ces incidents et ce contexte explosif, la Ligue de football professionnel a décidé que le match entre Marseille et Rennes, prévu à 21h au Stade Vélodrome à huis clos (pour cause de pandémie de Covid-19), devait être reporté à une date ultérieure.

Dans la soirée, l'Olympique de Marseille a réagi dans un communiqué publié sur le site officiel du club. Le club « condamne avec force l'inacceptable attaque » dont il a été victime. « Malgré l'intervention des forces de l'ordre, un déchaînement de violence injustifiable a mis en danger la vie des personnes présentes sur place (...). Des vols ont été perpétrés et des véhicules ont été endommagés. (...) Les dégadations à l'intérieur des bâtiments s'élèvent à plusieurs centaines de milliers d'euros », indique l'OM, qui ajoute que ces « agissements irresponsables et inacceptables doivent être condamnés avec la plus grande sévérité » et que des « plaintes seront déposées ».

Jacques-Henri Eyraud indique que « 300 salariés sont en état de choc » après cette « attaque inqualifiable contre l'institution OM ». Steve Mandanda, Olympien depuis 2007 et capitaine du club, déclare qu' « une crise sportive ne peut en aucun cas justifier un tel déferlement de violence » et que « l'heure est à l'apaisement ».