Football : selon Fréderic Thiriez, « c’est toute la gouvernance de la FFF qu’il faut revoir »

© Christophe Saidi/Sipa

Affaire réglée ? Pas si sûr… Un président qui, selon une formule aussi obscure qu’en vogue chez les politiques, « se met en retrait » au profit d’un président intérimaire, et le tour est joué ? Circulez, il n’y a plus rien à voir ? Trop facile. Sacrifier le bouc émissaire, certes, d’autant qu’il a tout fait récemment pour provoquer le bourreau. Mais ne pas s’interroger sur les raisons profondes qui ont conduit à une telle crise serait irresponsable, si on entend éviter qu’elle se reproduise. Osons un diagnostic : c’est la gouvernance de la Fédération française de football, sorte de « dictature » institutionnalisée, qu’il faut revoir ­entièrement.

Première malfaçon : la composition du comité exécutif. Depuis la réforme issue des états généraux du football (2010), le « gouvernement du football » est élu au scrutin de liste, mais la liste arrivée en tête rafle tous les sièges, n’en laissant aucun à la minorité. Tous les élus du comité exécutif, à la seule exception du président de la Ligue professionnelle, sont donc des fidèles du président, tête de liste, et lui doivent leur élection. L’organe directeur de la FFF n’est ainsi qu’une chambre d’enregistrement ne laissant que peu de place à la discussion, encore moins à la contestation. La « présidentialisation » de la gouvernance est totale.

Deuxième malfaçon : la disparition des contre-pouvoirs. La Haute Autorité du football, qui représente toutes les « familles » de ce sport – joueurs, éducateurs, arbitres, mais aussi clubs, in...


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