Football : ce joueur iranien a défié le régime et soutenu les manifestants

Pour sa célébration, le joueur iranien, 
 Saeed Piramoun, risque des sanctions.
Capture d’écran Twitter @Vahid Pour sa célébration, le joueur iranien, Saeed Piramoun, risque des sanctions.

IRAN - Une célébration saluée sur les réseaux sociaux. Alors que l’équipe iranienne de beach soccer a remporté l’Emirates Intercontinental Cup de Dubaï sur le score de 2-1 contre le Brésil grâce à un but de Saïd Piramoun ce dimanche 6 novembre, ce dernier a fait un geste en forme de ciseaux au-dessus de sa tête avec ses doigts pour se couper les cheveux. Une référence très claire au soulèvement populaire qui agite le pays ces dernières semaines.

Pour cette célébration, le joueur iranien risque désormais des sanctions. Se couper les cheveux est effectivement devenu un symbole de soutien aux protestations déclenchées par la mort de Mahsa Amini, qui avait été arrêtée par la police des moeurs pour avoir prétendument enfreint les règles vestimentaires de la République islamique, et le régime de Téhéran n’a pas l’habitude de laisser les sportifs prendre position politiquement.

« Une équipe nationale iranienne qui fait preuve d’honneur »

D’autant que le geste de Piramoun a immédiatement provoqué une succession de réaction sur les réseaux sociaux, où le joueur a été salué pour son courage.

« Ce match et cette victoire peuvent être oubliés, mais ce geste ne peut pas être oublié. L’honneur que vous avez montré est plus important que le championnat », a tweeté l’ancien joueur international iranien Mehrdad Pooladi.

« Une équipe nationale iranienne qui fait preuve d’honneur », a écrit sur Twitter Ali Karimi, ancien footballeur iranien et star du Bayern Munich, fervent soutien du mouvement, en partageant une vidéo du geste de Piramoun.

Le geste a également été repris et peint sur des murs au pochoir en soutien au joueur iranien de beach soccer.

Le joueur iranien risque des sanctions

L’équipe de beach soccer avait déjà attiré l’attention du régime pour ne pas avoir chanté l’hymne national iranien, comme on a pu le voir lors de la diffusion du tournoi. Un geste qui avait poussé la télévision d’État à couper la retransmission, selon des chaînes de télévision basées hors d’Iran. En recevant la coupe, l’équipe est ensuite restée debout bras croisés, sans célébrer le trophée.

Pour cette nouvelle prise de position de Saïd Piramoun, la fédération iranienne de football a déclaré qu’elle prendrait des mesures disciplinaires à l’encontre de ceux qui n’ont pas maintenu la politique hors du terrain. « Sur la base des règlements de la République islamique d’Iran et (...) de la Fédération internationale de football concernant à éviter tout comportement politique dans les terrains de sport, les personnes qui n’ont pas suivi l’éthique professionnelle et sportive doivent être traitées conformément à la réglementation », a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Lundi, un média d’État iranien a critiqué les Émirats arabes unis qui selon lui n’ont pris « aucune mesure » contre les spectateurs qui avaient scandé des slogans « hostiles à la République islamique » après le match. « Si ce pays ne réagit pas de manière appropriée, il devra accepter les conséquences de cette action hostile à l’Iran », a ajouté le journal.

Le sport est devenu un domaine extrêmement sensible dans les manifestations, surtout à l’approche de la participation de l’Iran à la Coupe du monde de football qui aura lieu au Qatar. Ces dernières semaines, le sort d’une spécialiste de l’escalade qui avait concouru sans voile en guise de protestation contre le régime avait notamment inquiété la communauté internationale et les Iraniens favorables à la mobilisation.

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