Football féminin: retour en grâce de la Guinée équatoriale?

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Les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations féminine 2022 pointent à l’horizon. La Guinée équatoriale affrontera la RD Congo le 20 octobre prochain. L’occasion pour RFI de revenir sur la sélection équato-guinéenne, vainqueur des CAN 2008 et 2012, qui fait son retour dans les stades après une longue traversée du désert.

De notre correspondant en Guinée équatoriale,

Stade de Rebola, dans la banlieue nord de Malabo. Un après-midi. L’équipe féminine de football de la Guinée équatoriale (Nzalang féminin) est en pleine séance d’entraînement. Les filles préparent la rencontre éliminatoire de la prochaine Coupe d’Afrique des nations féminine, prévue en juillet 2022 au Maroc. Cette CAN sera qualificative pour la Coupe du monde 2023. C’est pour cela qu’on remarque une préparation intense. Le match aller les opposera à la RDC le 20 octobre prochain.

« Nous avons mis sur place un projet à long terme. Nous avons rajeuni l’équipe à 85%, fait valoir le Congolais Jean-Paul Pila, sélectionneur de la Guinée équatoriale depuis bientôt deux ans. Nous sommes en train de mettre sur pied une équipe jeune avec pour objectif de retrouver notre valeur intrinsèque. L’une des rares que nous avons gardé et qui fait partie de la vague de 2012, c’est la capitaine Salomé Nké. Et nous sommes en train de monter crescendo. Nous travaillons sans pression. D’ailleurs les premiers fruits ont commencé à tomber en 2020, lorsque nous avons remporté la Coupe de l’Uniffac [une compétition régionale, ndlr] ».

Le Nzalang féminin tente donc de retrouver le devant de la scène footballistique continentale après plusieurs années de suspension par la Fédération internationale de football (Fifa). Après avoir fait les beaux jours du foot féminin africain en remportant deux CAN en 2008 et 2012, les Equato-Guinéennes avait disparu des radars. Le pays a disputé la Coupe du monde 2011, une première participation sans lendemains.

Depuis, leur feu follet Anonma Genoveva a raccroché les crampons et pris sa retraite. Et la sélection est en reconstruction. « Nous sommes en train de travailler pour former encore des joueuses percutantes comme nous l’avions connu par le passé avec des joueuses comme Genoveva, Nke, Diana et bien d’autres », indique le Président de la Fédération équato-guinéenne (Feguifut), Venancio Tomas Ndong Micha.

Teodoro Obiang Nguema: «Former une nouvelle génération de footballeuses»

En février 2020, la Guinée équatoriale a donc refait parler d’elle en remportant un tournoi de l’Uniffac sans grands enjeux. Une victoire qui a un peu replongé les supporters équato-guinéens dans le souvenir d’un passé glorieux.

Dans un entretien avec RFI il y a quelques semaines, le chef de l’État équato-guinéen donnait son point de vue sur ce foot féminin. « Le Nzalang aujourd’hui est le reflet du football équato-guinéen qui alterne entre le meilleur et le pire. Lorsque nous investissions dans le football, nous le faisions parce que nous aimions beaucoup cette discipline. Et nous voulions mettre en avant les femmes de notre pays qui pratiquent le football. Je ne considère pas ces mauvais résultats comme une déception mais, un moyen de renforcer leur moral. Je sais qu’il est temps de former une nouvelle génération de footballeuses équato-guinéennes qui permettra au pays de retrouver la place qu’il occupait par le passé », expliquait Teodoro Obiang Nguema.

Au mois de juillet 2016, la première dame du pays, Constancia Mangue de Obiang, avait apporté un soutien de 99 millions de FCFA au foot féminin pour booster cette discipline. Mais ses déboires avaient déjà bien commencé en 2012 avec une affaire de joueuses brésiliennes qui avaient été naturalisées à la va-vite. Ensuite, les dénonciations s’étaient enchaînées en cascade. Le Nzalang était devenu la risée des milieux footballistiques féminins, à la suite de ces multiples scandales.

Puis, alors qu’on croyait le pays prêt à tutoyer les sommets, c’est plutôt une période de déclin que l’on a vécu. Mais, aujourd’hui, c’est l’opération renaissance. Premier obstacle, la RDC avant d’espérer rencontrer le vainqueur de Égypte-Tunisie et de penser à un possible troisième sacre lors de la CAN 2022. « La mission n’est pas impossible. Cette RDC, nous l’avions battue lors de la finale du Tournoi de l’Uniffac. Donc nous irons avec un moral fort. Il nous suffit de beaucoup travailler comme nous le faisons depuis plusieurs mois », assure Jean-Paul Pila, le sélectionneur. Tout espoir est donc permis.

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