Football américain: un Super Bowl à part, Covid-19 oblige

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Le 7 février 2021, 100 millions d'Américains vont avoir les yeux rivés sur le Super Bowl, la grande finale du championnat de football américain. L'increvable Tom Brady à la tête des Tampa Bay Buccaneers défie les champions en titre, les Chiefs de Kansas City, menés par le prodige Patrick Mahomes. L'événement rassemble traditionnellement des dizaines de milliers de fans. Il a lieu à Tampa en Floride, un État qui a enregistré 27 000 morts du Covid et 1,7 million de cas. Les mesures de confinement sont parmi les moins strictes du pays.

Don Crisman fait partie d’un club très exclusif. Celui des spectateurs qui n’ont jamais raté un Super Bowl. Et pas de doute, celui-là est différent des 54 précédents. « Ah c’est très différent, lance-t-il. Avec mes camarades, on est assis dans la même section mais à huit rangs d’écart. On est toujours ensemble d’habitude. Et puis porter un masque à un match, je n’avais encore jamais fait ça. Si on ressort en bonne santé, ça me va ».

Sa fille Sue l’accompagne. Pas forcément enchantée qu’il ait fait le voyage jusqu’à Tampa, à 84 ans. « Oui, j’étais inquiète, c’est clair, glisse-t-elle. Mais je me devais de le soutenir quand il a décidé de venir. Je me suis sentie beaucoup mieux quand il a reçu sa première dose de vaccin. Soulagée. Je ne sais pas si j’aurais pu l’empêcher de venir de toute façon (rires) ».

22 000 personnes, dont 7500 travailleurs de la santé, ont un billet pour le match. C’est un tiers de la capacité du stade mais c’est aussi 22 000 personnes de plus que dans la plupart des enceintes du pays.

Dans un cadre moins strict, en Floride

Depuis le début de la pandémie, la Floride impose des restrictions plus souples qu’ailleurs.

Originaire du Texas, Christian visite Tampa avec sa sœur Abby. « C’est une affaire de politique comme souvent, estime Christian. La Floride est un État républicain, conservateur et sur ces questions-là, les choses seront moins strictes, un peu plus ouvertes ».

« C’est nettement plus relax que dans le nord, ajoute Abby. Ce n’est pas pour ça qu’on est venu mais c’est l’un des avantages. Vous passez plus de temps dehors et du coup, vous n’avez pas besoin de porter autant le masque ».

La NFL a toutefois dû réduire la fréquentation de sa traditionnelle Super Bowl Experience. Des animations pour ceux qui n’ont pas accès au stade. Pour entrer, il faut réserver, remplir un formulaire de santé via une application et bien sûr porter un masque. Des volontaires se chargent de le rappeler, une pancarte à la main.

Le long du fleuve Hillsborough, des milliers de personnes peuvent admirer le trophée du Super Bowl, poser devant les casques des 32 équipes de la Ligue ou comme Eric, se prendre pour un quarterback. « Il faut lancer le ballon au-dessus d’un joueur pour l’envoyer dans le panier, explique-t-il. J’ai réussi sur le premier panier, c’est sympa. C’est une expérience sympa et c’est gratuit pour tout le monde. Ça donne l’occasion de faire des trucs dont on n’a pas l’occasion. C’est pour ça que je suis là. En temps normal, il y aurait 10 fois de plus de monde. Là, je serais inquiet ».

Un gros manque à gagner

Il y aura dix fois moins de monde que pour un Super Bowl normal. Pour Miles McConnell, manager d’un restaurant au bord de l’eau, c’est là aussi mieux que rien. « Une année normale, ce serait une semaine de festivités pour le Super Bowl, peut-être même 10 jours, souligne-t-il. Là, c’est plus un week-end de Super Bowl. Et encore, l’équipe de Kansas City est arrivée tard. Il n’y a pas tous leurs fans. Le gros changement, c’est que plus tôt dans la semaine, on aurait eu des événements organisés par des entreprises, des voyages d’affaire. Cet argent-là va manquer ».

L’an dernier, selon les estimations, le Super Bowl à Miami a injecté 570 millions de dollars dans l’économie locale. Les chiffres de cette année seront très loin de ce résultat.