Football: une tournée de Gianni Infantino en Afrique entre développement et politique

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Le président de la Fédération internationale de football (FIFA) Gianni Infantino effectue actuellement une tournée en Afrique, douze mois après avoir évoqué des pistes de réforme pour le football africain, et alors que l’élection du nouveau patron de la Confédération africaine de football (CAF) approche.

C’est devenu une tradition ou presque. Gianni Infantino effectue une visite hivernale en Afrique pour parler développement du football et par le football. Le président de la Fédération internationale (FIFA) a entamé sa tournée 2021 par un séjour en Mauritanie, hôtesse de la Coupe d’Afrique des nations des moins de 20 ans (CAN U20). Le patron du football mondial en a profité pour inaugurer officiellement le Stade de Nouadhibou où se déroulent des matches de la CAN U20. Il a, au passage, comme un an plus tôt, qualifié d’« exceptionnel » le travail de la Fédération mauritanienne (FFRIM) et de son patron, Ahmed Yahya.

« La FIFA est très fière de l’utilisation qui a été faite du programme Forward de la FIFA au nouveau Stade Municipal de Nouadhibou, a-t-il lancé le 16 février. J’ai félicité la FFRIM et son président Ahmed Yahya, ainsi que la CAF, pour avoir réussi à organiser ce tournoi dans les conditions sanitaires actuelles ».

Inaugurations à Brazzaville et Kigali

Gianni Infantino a d’autres inaugurations à son programme. Il va notamment consacrer les bureaux régionaux de la FIFA à Kigali et à Brazzaville. Il devrait également visiter d’autres pays d’Afrique centrale. Avant cela, il se rend toutefois au Sénégal pour y rencontrer le président sénégalais, Macky Sall.

Le périple du Suisse aura également une dimension politique. Il devrait poursuivre ses discussions avec le président de la RD Congo Félix Antoine Tshisekedi, nouveau patron de l’Union africaine (UA) pour un an. Récemment, les deux dirigeants ont discuté du renforcement d’un partenariat signé en février 2019 entre la FIFA et l’UA.

En revanche, Gianni Infantino ne se rendra pas en Algérie les 21 et 22 février, comme l’a déjà confirmé la Fédération algérienne, invoquant des « contingences particulières » pour expliquer ce report.

Des propositions restées en suspens

Cette tournée africaine de Gianni Infantino s’effectue en outre dans un contexte particulier. Un an plus tôt, au Maroc, il avait jeté un véritable pavé dans la mare en suggérant aux membres de la Confédération africaine de football (CAF) d’organiser la Coupe d’Afrique des nations tous les quatre ans plutôt que tous les deux ans. Il s’était également fendu de plusieurs autres propositions comme la création « d’une vraie ligue panafricaine des clubs », la mobilisation d’un milliard de dollars pour la construction de stades sur le continent et la prise en charge par la FIFA des meilleurs arbitres africains.

Certaines de ces idées, visant à « projeter le football africain dans l’élite mondiale », sont restées en suspens depuis, crise du nouveau coronavirus oblige. Difficile toutefois d’imaginer que la question de la périodicité de la CAN ne revienne pas prochainement sur la table.

Les élections à la CAF approchent

Le sujet est très sensible en Afrique car cette compétition y est une véritable institution et que ces revenus font vivre la CAF. Interrogés par RFI, l’Ivoirien Jacques Anouma, le Sénégalais Augustin Senghor et le Mauritanien Ahmed Yahya, trois des quatre candidats à la présidence de la CAF, n’ont pas fermé la porte à la suggestion de Gianni Infantino. Quant au quatrième candidat, le Sud-Africain Patrice Motsepe, il ne s’est pas encore exprimé publiquement sur son projet pour le football continental. Le milliardaire réserve sans doute ses explications aux présidents de fédérations nationales qui éliront le nouveau patron de la CAF, le 12 mars 2021 à Rabat.

Un scrutin très tendu puisque l’actuel président de la CAF, Ahmad, a été suspendu cinq ans par la FIFA en novembre 2020 avant que le Tribunal arbitral du sport ne le rétablisse au moins temporairement dans ses fonctions en attendant un jugement définitif. Le Malgache espère toujours pouvoir briguer sa propre succession mais devra, pour cela, compter sur le feu-vert de la Commission de contrôle de la FIFA. Celle-ci, selon l’article 27 des règlements de la Fédération internationale, effectue « un contrôle d’éligibilité » des « candidats qui briguent un siège au Conseil » de la FIFA. Il y a peu de chance que cette Commission donne raison à Ahmad, en attendant un avis du TAS escompté peu après une audience prévue le 2 mars…