Foot: entre L1 et L2, Amiens a repris dans l'incertitude

Alexis HONTANG
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Le défenseur d'Amiens Valentin Gendrey (g) et certains de ses coéquipiers prennent part à la reprise de l'entraînement sur un terrain situé près du Stade de la Licorne, à Amiens le 25 juin 2020

Amiens (AFP) - Entre Ligue 1 et Ligue 2, entre terrains et tribunaux, le club d'Amiens a repris l'entraînement sans savoir de quel pied se lancer, mais avec espoir, avant un vote crucial de la Fédération (FFF), vendredi, qui pourrait sceller leur relégation.

A première vue, c'est une journée normale de football.

Autour d'une partie de "tennis-ballon", les joueurs se chambrent à chaque contrôle mal assuré. Des "Serhou!" fusent en direction de l'attaquant Serhou Guirassy, quand de leur côté Gaël Kakuta et Saman Ghoddos testent leur technique.

"On prend beaucoup de plaisir à retrouver le terrain", admet le gardien Régis Gurtner.

Mais les ballons jaune fluo, au logo de la Ligue 1, datent de l'exercice 2019-2020. A l'image de ceux-ci, Amiens semble bloqué entre deux saisons.

Le club, 19e au moment de l'arrêt du Championnat en raison de la pandémie de coronavirus, se bat pour garder sa place dans l'élite, et annuler la décision de la Ligue (LFP) de procéder à des rétrogradations.

Or, après une injonction du Conseil d'Etat, les instances ont fermé la porte à un élargissement de la L1 à 22 équipes qui lui aurait permis de se maintenir. Un vote de l'Assemblée fédérale, vendredi matin, doit entériner cette décision.

- Mercato "difficile" -

En cas de revers, Amiens, via son président Bernard Joannin, a promis d'introduire de nouveaux recours devant la justice.

"On aurait aimé retrouver les terrains en étant en Ligue 1. Après, tout n'est pas fini, explique le milieu Alexis Blin. Je trouve injuste de condamner une équipe alors que le Championnat n'est pas terminé. Si c'est ça l'équité sportive, alors je ne comprends plus trop le sport."

Derrière les sourires, c'est l'incertitude. Le groupe s'est retrouvé, à partir de mardi sur les pelouses, sans se résoudre à la L2. Dans les limbes du calendrier, il avance vers une série de matches amicaux cet été, avec l'espoir de débuter, le week-end du 22 août, dans l'élite.

"Bien sûr qu'on y croit. Je suis de nature optimiste", lance Gurtner.

"On continue à espérer et penser que la justice va nous donner raison, estime pour sa part l'entraîneur Luka Elsner. Notre combat est légitime. Je pense que tout le monde serait dans la même démarche à notre place."

Côté coulisses, le club n'a pas encore lancé sa campagne d'abonnements, ni préparé la signalétique de son stade, selon le logo de leur futur championnat. Il est dans "une situation difficile" quant au mercato qui a ouvert le 8 juin en France.

"Il va falloir certainement travailler dans l'urgence à un moment donné, ce qui nous mettra aussi en position défavorable pour la suite, par rapport aux autres clubs qui travaillent dans le calme et la certitude", poursuit le coach slovène.

- Gurtner reste -

Les seuls changements notables sont liés au contexte sanitaire: les joueurs sont répartis dans des vestiaires différents pour limiter les contacts et leur température est prise à leur arrivée au stade. Une bouteille de gel hydroalcoolique a également été placée à côté de l'accès aux terrains d'entraînement.

Maintenant, que le club soit en L1 ou en L2, "dans cette phase de préparation, ça n'a pas forcément un impact majeur", explique Elsner. "On essaye d'abord de mettre les joueurs en route et de faire en sorte qu'ils ne se blessent pas. On a en tout neuf semaines de préparation, on n'est pas pressés par l'urgence aujourd'hui."

"J'arrête de spéculer. Ca ne sert à rien. C'est perdre son énergie plus qu'autre chose. Quand on sera dans une ligue, il faudra aborder les choses d'une manière ou d'une autre. Pour le moment, on s'occupe à être bien physiquement et mentalement", abonde Alexis Blin.

Régis Gurtner a, lui, levé une partie du brouillard qui enveloppe depuis des semaines le stade de la Licorne, en affirmant qu'il sera toujours Picard la saison prochaine.

"Quoi qu'il arrive, c'est acté que je reste. J'ai une grande confiance dans ce club pour repartir, reconstruire", explique le gardien alsacien.

Pour Elsner, "c'est un signe très important pour dire qu'on aura de l'ambition, que cette équipe va continuer à fonctionner, qu'elle aura un esprit de revanche très important."