Foot africain: «unité», le nouveau mot d’ordre à la CAF après l’élection de Motsepe

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Patrice Motsepe a été élu par acclamation président de la Confédération africaine de football (CAF), ce 12 mars 2021 à Rabat. Les membres de la CAF semblent désormais résolus à s’unir derrière leur nouveau chef pour redresser une institution en grande difficulté, financière notamment.

De notre envoyé spécial à Rabat,

Patrice Motsepe était bien entouré pour sa première conférence de presse en tant que nouveau président de la Confédération africaine de football (CAF), ce 12 mars 2021 à Rabat. Le Sud-Africain s’est présenté aux médias aux côtés de ses trois anciens rivaux pour la présidence, Augustin Senghor, Ahmed Yahya et Jacques Anouma. Certes, le Sénégalais est devenu 1er vice-président de la CAF, le Mauritanien 2e vice-président, et l’Ivoirien conseiller spécial. Mais le milliardaire a ainsi voulu montrer comment il compte aborder cette nouvelle fonction.

« C’est comme cela que je veux diriger, a assuré le nouvel homme fort du foot africain, quelques heures après la 43e Assemblée générale de la CAF. Je compte travailler étroitement avec mes frères Augustin et Yahya et mon conseiller principal ».

« C’est une nouvelle ère »

Deux semaines après un compromis surprenant entre les quatre hommes, l’heure serait donc à l’unité. C’est en tout cas le mot d’ordre pour tenter de sauver une institution fragilisée par deux années de crise et la suspension de son ancien patron, Ahmad. « C’est une nouvelle ère, avec une union totale autour du nouveau président Patrice Motsepe, affirme Ahmed Yahya. L’Assemblée générale s’est bien déroulée, dans la transparence et le calme total ».

La veille, certains participants laissaient pourtant transparaître leur malaise vis-à-vis de la tournure générale prise par les élections à la CAF. « Il y aura forcément un peu de susceptibilité au départ, relativise le président de la Fédération nigérienne, le Colonel-Major Djibrilla Hima Hamidou ‘Pelé’, fraichement élu au Comité exécutif. Mais si on veut faire preuve de bon sens, il faut dépasser ces petits sentiments pour pouvoir faire éclore l’unité et mettre au premier plan les intérêts de la Confédération africaine de football ».

« Nous n’avons pas le choix »

« Nous n’avons pas le choix, estime le patron du foot sénégalais Augustin Senghor. Nous avons traversé des moments tellement difficiles… Il faut se rendre à la raison. C’est en mettant ensemble toutes les compétences que nous pourrons changer la face de la CAF. Moi, j’ai foi en cet engagement que nous avons tous pris ».

Le président de la Fédération internationale de football, Gianni Infantino, aussi, visiblement. « C’est une longue journée mais le travail commence maintenant, a souligné le patron de la FIFA. Les membres élus et ceux qui l’étaient déjà sont là pour travailler pour le football africain. La FIFA est là aussi pour travailler pour le football africain. Une nouvelle page s’écrit et on va propulser tous ensemble ce football au sommet du monde. C’est une belle journée, c’est une journée qui va dans le sens de l’union, de l’unité de l’Afrique ».

Pour l’ex-patron du foot sud-africain, Danny Jordaan, qui a guidé la candidature de Patrice Motsepe, c’est également un jour historique. « La CAF a quatre membres fondateurs : l’Égypte, le Soudan, l’thiopie et l’Afrique du Sud, rappelle-t-il. Le premier président de la CAF était égyptien, le second était soudanais et le troisième, Ydnekatchew Tessema, était éthiopien. Patrice Motsepe représente le quatrième et dernier pays fondateur. Ça a pris beaucoup de temps parce qu’il y a eu l’Apartheid en Afrique du Sud et que notre pays a été exclu de la CAF avant d’y revenir. Nous sommes heureux que, désormais, les quatre nations fondatrices de la CAF aient eu un représentant à sa présidence ».

Propos recueillis par Antoine Grognet, David Kalfa et Olivier Pron,