Une fonte de l’Antarctique il y a 100.000 ans a provoqué une élévation de 3 m de l’océan

Nathalie Mayer, Journaliste

Durant la dernière période interglaciaire, le niveau moyen des mers était de six à neuf mètres au-dessus du niveau actuel. Certains pensent même qu’il a pu aller jusqu’à plus de 11 mètres. Un niveau qui ne peut pas être complètement expliqué par la fonte de l’inlandsis du Groenland – plus environ deux mètres –, la dilatation thermique ou encore la fonte des glaciers – plus environ un mètre. De quoi imaginer une fonte substantielle du côté de l’Antarctique. C’est ce que confirment aujourd’hui les travaux de chercheurs de l’université de Nouvelle-Galles du Sud (Australie).

Pour en arriver à cette conclusion, les scientifiques ont étudié des zones de glace bleue du côté de Patriot Hills, une base de l’Antarctique occidental. Les glaces bleues sont créées par des vents qui soufflent du haut du plateau continental en direction des côtes, des vents catabatiques. Ceux-ci balaient la couche supérieure de neige et érodent ensuite la glace. Faisant apparaître des glaces plus anciennes, témoins de l’histoire de la calotte.

« Il est alors possible, en prélevant des échantillons de glace à la surface, de remonter dans le temps et de reconstruire ce qu’était le climat du passé », explique Chris Turney, chercheur, dans un communiqué de l’université de Nouvelle-Galles du Sud. Et ce sont des mesures d’isotopes qui ont permis aux chercheurs de découvrir une lacune dans la calotte glaciaire, juste avant la dernière période interglaciaire. Une période qui coïncide avec l’augmentation du niveau des mers observée par ailleurs.

Ici, une zone de glace bleue telle que celle étudiée par les chercheurs de l’université de Nouvelle-Galles du Sud (Australie). © AntarcticScience.com

L’Antarctique proche d’un point de basculement ?

Des analyses de cendres volcaniques, d’échantillons de gaz et d’ADN d’anciennes bactéries piégées dans la glace confirment la découverte. Et laissent même penser que la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental est extrêmement sensible au...

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