Comment font les serpents pour chasser dans la nuit noire ?

Julie Kern, Rédactrice scientifique
·1 min de lecture

Certains serpents sont capables d’attraper leurs proies avec précision dans l’obscurité la plus totale. Les Crotalinae, les Pythoninae et les Boinae sont capables de convertir la chaleur émise par un organisme qui est supérieur à la température de son environnement en signal électrique et donc de le « voir ».

Ce processus physique est appelé la pyroélectricité. Elle est définie comme la propriété d’un matériau qui réagit à un changement de température par une variation de sa polarisation électrique. Les changements de température entraînent une différence du potentiel temporaire, qui revient à la normale après un temps de repos. Dans les organismes vivants, cette différence de potentiel peut être interprétée par le cerveau. Chez les serpents, cette capacité est très précise, une vipère est capable de voir un petit animal qui passe devant elle à plus de 40 mètres de distance.

La fossette sensorielle et les narines sur une vipère. À droite, la structure de la fossette sensorielle avec la membrane qui la sépare en deux. © Faezeh Darbaniyan et al. Matter
La fossette sensorielle et les narines sur une vipère. À droite, la structure de la fossette sensorielle avec la membrane qui la sépare en deux. © Faezeh Darbaniyan et al. Matter

Le secret de la vision nocturne des serpents

Des scientifiques de l’université de Houston, dans une précédente recherche, n'étaient pas arrivés à mettre en évidence un matériau pyroélectrique chez les serpents. Ils avaient concentré leur investigation sur la fossette sensorielle qui permet au serpent d’identifier leur proie grâce à leur rayonnement infrarouge.

Aujourd’hui, dans une nouvelle recherche, ils pensent avoir compris comment cela fonctionne. Selon eux, les cellules d’une membrane présente dans la fossette sensorielle composent le matériau pyroélectrique. Les neurones qui innervent cette membrane possèdent un grand nombre de canaux protéiques voltage-dépendants, appelés TRPA1. Un petit changement de température ouvre les canaux TRPA1 et induit un courant d’ion CA2+ qui modifie le potentiel d’action de la membrane cellulaire.

Les chercheurs de l’université de Houston ont réalisé une démonstration théorique qui...

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