Les fonds marins et leurs minerais sont-ils une solution à la transition écologique ?

Ifremer

La France s'est positionnée, par la voix d'Emmanuel Macron, pour la préservation des fonds marins riches en concrétions métallifères. Ceux-ci pourraient pourtant permettre de fabriquer les batteries des moteurs électriques censés remplacer leurs équivalents nourris aux énergies fossiles. Mais ce nouvel appétit en métaux et minerais pourrait dévaster de vastes régions sous-marines méconnues, dont le rôle dans la machine climatique pourrait s'avérer critique...

Lors de son discours du 7 novembre 2022 prononcé lors de la COP 27 à Charm el-Cheikh, en Egypte, le président Emmanuel Macron a annoncé que la France soutenait "l'interdiction de toute exploitation des grands fonds marins", une position qu’il assure vouloir porter dans les enceintes internationales. Cette parole forte a surpris les scientifiques et les ONG mobilisés depuis des mois pour que soit établi un moratoire sur l'exploitation minière des fonds marins. Car la situation est urgente : les 168 pays membres de l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM), basée à Kingston en Jamaïque, sont censés avoir bouclé en juin 2023 au plus tard un code minier fixant les conditions d’exploitation des ressources minérales recensées entre 4.000 et 5.000 mètres de profondeur, une échéance difficile à tenir selon les observateurs.

Offensive canadienne

Cette date couperet découle de l’offensive menée par l’entreprise canadienne The Metals Company (ex-Nautilus Minerals). Gerard Barron, son directeur général, se définit sur le réseau Linkedin comme un "bâtisseur d'entreprises mondiales dans les domaines de la technologie des batteries, des médias et du développement de ressources tournées vers l'avenir", qui s’est "donné pour mission de contribuer à la transition de notre planète vers une économie circulaire et non plus vers les combustibles fossiles". La transition énergétique, les énergies "propres", les technologies "vertes" et la dématérialisation généralisée vont en effet nécessiter une quantité colossale de minerais, alors que les gisements continentaux pourraient être épuisés à l’horizon 2050 si l’on maintient le rythme de consommation actuel : entre 2002 et 2015, 1.000 gigatonnes de matières ont ainsi été extraites du sol, soit un tiers de tout ce qui a été extrait depuis 1900 !

Aussi Gerard Barron mise-t-il désormais sur les ressources maritimes, réactivant une idée qui a fait florès dans les années 1960 à la suite de la publication de l’ouvrage The Mineral Resources[...]

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