"Folie", "arrière-pensée électoraliste": les oppositions critiquent la visite de Macron à Kiev

Marine Le Pen, lors de son discours après sa défaite à l'élection présidentielle, dimanche 24 avril 2022 - Thomas Samson - AFP
Marine Le Pen, lors de son discours après sa défaite à l'élection présidentielle, dimanche 24 avril 2022 - Thomas Samson - AFP

Une visite attendue au timing qui interroge une part de la classe politique. Le président de la République s'est rendu ce jeudi à Kiev, son premier déplacement dans la capitale ukrainienne depuis le début de l'invasion russe.

Évoquée, voire réclamée, par une partie de la classe politique, la visite n'en est pas moins critiquée par plusieurs membres des oppositions qui y voit tour à une tour une "folie", un déplacement fait avec une "arrière-pensée électoraliste" ou un "objectif de politique intérieur", à quelques jours du second tour des législatives.

"Emmanuel Macron fait un choix qu'il aurait pu faire il y a une semaine ou il y a dix jours. Le fait qu'il le fasse aujourd'hui, évidemment on peut le suspecter", fait d'abord mine de s'interroger sur France Inter Marine Le Pen, en plein période d'entre-deux-tours des législatives.

"Emmanuel Macron ne fait jamais rien sans avoir une arrière-pensée électoraliste", assure ensuite l'ex-candidate du Rassemblement national au second tour de la présidentielle, accusant le chef de l'Etat de "se ser(vir) de cette posture de chef de guerre pour tenter d'avoir une influence sur les élections législatives".

Si le chef de l'État ne voulait pas qu'on l'accuse d'un mélange des genres, "il ne fallait pas faire une déclaration sur les législatives sur le tarmac en partant", lance-t-elle.

Le président de la République avait appelé les électeurs mardi depuis l'aéroport d'Orly, avant son départ, à opérer un "sursaut républicain", afin de lui donner une "majorité solide" à l'Assemblée nationale à l'issue du second tour des élections législatives.

Une visite pour "faire des images avec M. Scholz"

Du côté de la France Insoumise, Alexis Corbière s'interroge aussi sur l'utilité d'une telle visite peu avant un scrutin national, craignant un "effet drapeau" autour du chef de l'État.

"Il faut être aux côtés du peuple ukrainien contre l'agression russe de M. Poutine, mais je ne voudrais pas que le martyr du peuple ukrainien serve à M. Macron pour des opérations de politique intérieur française", s'est-il inquiété.

"Personne n'est dupe que c'est à trois jours du second tour (des législatives) qui va être déterminant pour la vie politique français que M. Macron fait des images avec M.Scholz", a-t-il dénoncé.

"Une stratégie d'évitement"

Le maire LR de Meaux Jean-François Copé a pour sa part estimé que ce déplacement relevait plutôt d'une "stratégie d'évitement" et faisait montre d'une "légèreté incroyable" de la part du chef de l'État, alors que son camp n'est pas assuré d'obtenir dimanche la majorité absolue à l'Assemblée nationale.

"Qu’est-ce que c’est que cette stratégie d’évitement, alors qu’aujourd’hui son sujet numéro un est de savoir s’il a une majorité pour gouverner le pays. C’est une folie une telle légèreté", a-t-il dénoncé sur RTL.

"La maison brûle et Emmanuel Macron regarde ailleurs", s'est-il inquiété, parlant même d'une "folie", alors que l'alliance de la gauche pourrait remporter entre 180 à 210 sièges, selon nos dernières estimations.

"Dangereux"

Plus mesuré, Jean-Luc Mélenchon a préféré souligné le risque que pourrait potentiellement une telle visite pour l'intégrité du chef de l'Etat.

"Pour nous Français, c'est un peu dangereux d'avoir notre président là-bas au milieu, on préfère qu'il ne lui arrive rien", a relevé le chef des Insoumis ce jeudi sur France Bleu, tout en saluant la présence d'Emmanuel Macron à Kiev, façon de "rappeler publiquement et spectaculairement de quel côté sont les Français".

"On peut évidemment s'interroger sur le sens de ce voyage, mais comme il est à l'étranger, sur une zone de guerre, je propose qu'on évite trop les polémiques, ce n'est peut-être pas tout à fait le moment", a-t-il estimé, refusant la surenchère.

Des attaques rejetées en bloc par le ministre délégué chargé de l'Europe et candidat Ensemble aux législatives Clément Beaune ce jeudi. "Vous croyez que le chancelier Scholz est en campagne? Vous croyez que le président du Conseil italien Mario Draghi est en campagne?", a-t-il lancé sur France Info. Clément Beaune assure que le déplacement d'Emmanuel Macron a d'abord lieu à une "semaine d'un sommet européen" qui doit déterminer si l'Ukraine peut obtenir le statut officiel de candidate à l'Union européenne.

Article original publié sur BFMTV.com

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