A Fleury-Mérogis, 350 surveillants bloquent la plus grande prison d'Europe

1 / 3
Des manifestants brandissent des pancartes et le drapeau français devant un pneu brûlé à la prison de Fleury-Mérogis, dans l'Essonne, près de Paris, le 10 avril 2017

Fleury-Mérogis (France) (AFP) - Plus de 350 surveillants pénitentiaires bloquaient lundi soir la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne) pour protester contre la récente agression de six gardiens dans la plus grande prison d'Europe, minée par la surpopulation carcérale et le manque de personnels.

Munis de pancartes "Au feu, la pénit' brûle", "Surpopulation, sous-effectifs, danger" et certaines invitant les candidats à la présidentielle à leur rendre visite, les manifestants ont dressé des barricades à partir de 19H30 sur l'unique avenue qui mène à la prison, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le blocage devait se prolonger dans la nuit, empêchant notamment d'écrouer de nouveaux détenus et le retour de ceux présentés à la justice. L'intersyndicale (Ufap-Unsa Justice, CGT Pénitentiaire, FO Pénitentiaire) de Fleury ne s'est pas encore prononcée sur une éventuelle reconduction du mouvement.

La maison d'arrêt est actuellement remplie à 180% de sa capacité. Elle accueille plus de 4.200 détenus et près de 150 postes de fonctionnaires sont vacants, selon les syndicats.

"La situation est juste intenable. Cette agression, c'est la goutte d'eau de trop", a estimé Olivier Legentil, du syndicat Ufap-Unsa Justice (majoritaire).

Jeudi, six gardiens de la prison ont été blessés par huit mineurs lors d'une altercation entre détenus qui a dégénéré en bagarre.

"Les détenus sont de plus en plus jeunes et de plus en plus violents", a confié à l'AFP une gradée en poste depuis 15 ans à Fleury, sous couvert d'anonymat. "S'ils n'ont pas ce qu'ils veulent de suite, ils frappent le premier surveillant qui passe".

Selon elle, la surpopulation attise les tensions et le sous-effectif les aggrave. "Ici, un surveillant gère une centaines de détenus. Faites dans un hôtel, vous verrez comment les clients vont réagir", peste-t-elle.

Selon M. Legentil, "il ne se passe pas une semaine sans agression sur le personnel à Fleury". Cette action devant la plus grande prison d'Europe traduit "un malaise général dans toute la pénitentiaire et surtout dans la région parisienne, où on est continuellement en manque d'effectifs", ajoute-t-il.

Les syndicats n'ont pour l'instant pas obtenu le rendez-vous qu'ils demandent avec la direction de l'administration pénitentiaire. Ils réclament notamment une fouille générale de la prison, des effectifs supplémentaires et l'abrogation de la législation qui les oblige à justifier les fouilles à nu de détenus.

Les surveillants doivent poursuivre leur action mardi matin avec une "marche des oubliés de la République" dans la ville de Fleury-Mérogis.

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages