La Finlande se rapproche de l'OTAN, Moscou met en garde

La Russie a menacé jeudi la Finlande d'une riposte "militaro-technique" après que ses dirigeants ont annoncé leur volonté d'adhérer "sans délai" à l'Otan.

Le président et la Première ministre de Finlande, Sauli Niinistö et Sanna Marin, se sont dit favorables jeudi à une adhésion "sans délai" à l'Otan, prélude à une candidature formelle dimanche de ce pays nordique, qui partage 1 300 km de frontière avec la Russie et fut longtemps contraint à une sorte de neutralité forcée par Moscou.

Moscou met Helsinki en garde

Si l'adhésion se concrétise, la Russie sera "obligée de prendre des mesures réciproques, militaro-techniques et autres, pour mettre fin aux menaces à sa sécurité nationale", a répliqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué, en appelant Helsinki à "prendre conscience de ses responsabilités".

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait auparavant estimé que la réponse de Moscou dépendrait de "l'avancée des infrastructures militaires vers nos frontières".

Côté occidental, le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg comme le chancelier allemand Olaf Scholz ont assuré la Finlande de leur soutien.

Si elle postulait, "elle serait chaleureusement accueillie au sein de l'Otan et le processus d'adhésion se déroulerait sans heurts et rapidement", a déclaré M. Stoltenberg.

Inquiètes de la réaction de Moscou à ces probables demandes d'adhésion, Stockholm et Helsinki ont signé dès mercredi des déclarations de protection mutuelle avec le Royaume-Uni.

À Helsinki, l'adhésion à l'OTAN majoritaire depuis la guerre en Ukraine

D'après les sondages, 76% des finlandais sont en faveur de ce changement stratégique, c'est trois fois plus qu'avant la guerre en Ukraine.

"L'OTAN va assurer notre sécurité, bien sûr. C'est pourquoi je veux que nous soyons dans l'OTAN. Je pense que nous aurions dû être dans l'OTAN déjà dans les années 90, quand c'était possible" indique Maarit Martela, retraitée croisée dans les rues de la capitale.

"_Nous étions seuls en 1939, nous ne voulons pas nous tenir seuls à nouveau._Tous les vétérans qui ont combattu et survécu à la guerre d'Hiver ont dit "ne plus jamais vouloir rester seuls" affirme Nick Paterson, entrepreneur finlandais de 56 ans.

Soutien occidental

A l'image de nombre de membres de l'Otan, le chancelier allemand Olaf Scholz a affiché son "soutien total" à la Finlande. La France "soutient pleinement" Helsinki, a fait savoir l'Elysée.

Soumise à une forme de neutralité forcée par Moscou durant la Guerre froide, l'ancienne province russe (1809-1917), envahie par l'Union soviétique en 1939, avait adhéré à l'Union européenne et au Partenariat pour la Paix de l'Otan après la chute de l'Union soviétique, mais était restée non membre de l'alliance.

La décision formelle sur l'adhésion doit être prise par un Conseil sur la sécurité et la politique étrangère, réunissant le chef de l'Etat, la Première ministre et plusieurs ministres. Une conférence de presse du tandem exécutif finlandais devant officialiser ces décisions est prévue dimanche, selon Helsinki.

"On doit espérer que la Suède, notre proche partenaire, fera la même conclusion et que nous pourrons candidater ensemble", a affirmé le ministre finlandais de la Défense Antti Kaikkonen.

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