En finir avec l'élection présidentielle? Jamais!

La chose irait sans peine si le Parlement était en mesure d'exercer un véritable contre-pouvoir. | Richard Ying et Tangui Morlier via Wikimedia Commons
La chose irait sans peine si le Parlement était en mesure d'exercer un véritable contre-pouvoir. | Richard Ying et Tangui Morlier via Wikimedia Commons

C'est à croire que nos intellectuels manquent à ce point d'imagination que, face à un problème contemporain, ils cherchent des solutions dans le passé plutôt que d'imaginer l'avenir. «C'était mieux avant» semble devenu leur mantra. Sur la question des institutions, la gauche, ou ce qu'il en reste (Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg…), avec son projet de «VIe République», vient de recevoir le renfort inattendu d'un intellectuel libéral, Gaspard Koenig, qui réclame ni plus ni moins la suppression de l'élection du président au suffrage universel. Et ce, au motif que la République était plus belle –non pas sous l'Empire mais– sous la IIIe… Voilà qui fera rêver les Français!

Alors, sans ironiser, examinons les choses de plus près.

Nous sommes d'accord au moins sur le constat: nos institutions, depuis l'élection du président au suffrage universel et la réduction de son mandat à cinq ans, sont profondément déséquilibrées. La légitimité incontestable donnée au président par le vote populaire fait de lui le chef réel de l'exécutif. La chose irait sans peine si le Parlement était en mesure d'exercer un véritable contre-pouvoir.

Il en est empêché car, si le président dispose d'une majorité absolue à l'Assemblée nationale, celle-ci est réduite au rôle d'une chambre d'enregistrement, et s'il ne dispose plus d'une telle majorité comme aujourd'hui, la Constitution donne à l'exécutif les moyens de faire plier les parlementaires (article 49.3, dissolution…). On objectera que l'Assemblée peut, de son côté, censurer le gouvernement, mais cette arme est un sabre de bois car le véritable chef de l'exécutif n'est plus à Matignon mais à l'Élysée.

Une censure oblige seulement le président à renommer un gouvernement qui peut être quasiment inchangé. En vérité, la «Ve République bis» sur laquelle nous vivons...

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