Finale de l'Euro féminin 2022 : Wiegman et Voss-Tecklenburg, le duel de sélectionneuses

© AFP/Reuters

La finale de l'Euro féminin 2022 va opposer l'Angleterre à l'Allemagne. À la tête de chacune de ces équipes se trouvent deux femmes : Sarina Wiegman et Martina Voss-Tecklenburg. Alors que la première espère remporter un deuxième titre d'affilée en tant que sélectionneuse, la seconde a déjà gagné quatre fois l'Euro en tant que joueuse. Portraits croisés.

Sur les 16 équipes présentes à l’Euro féminin 2022, seulement six ont été coachées par des femmes. Pourtant, ce sont bien deux sélectionneuses qui vont s’affronter, dimanche 31 juillet, en finale à Wembley. La Néerlandaise Sarina Wiegman à la tête de l’Angleterre sera opposée à l’Allemande Martina Voss-Tecklenburg qui dirige la Frauen-Nationalmannschaft.

Ces deux anciennes joueuses ont une carrière déjà bien remplie. Sarina Wiegman a déjà remporté le titre européen, il y a cinq ans avec la sélection des Pays-Bas, tandis que Martina Voss-Tecklenburg l’a gagné à quatre reprises alors qu’elle portait le maillot de l’Allemagne. Dimanche, la confrontation sera aussi bien visible sur le terrain que sur le banc.

Wiegman, un coaching gagnant

Sarina Wiegman semble transformer en or tout ce qu’elle touche. Six mois après avoir pris la direction de l’équipe néerlandaise en 2017, elle mène à la surprise générale sa sélection jusqu’à la victoire lors de l’Euro. Deux ans plus tard, elle récidive en permettant à ses joueuses d’atteindre la finale du Mondial où elle s’incline face aux Américaines.

En quelques mois, elle devient l’une des coaches les plus en vue. L’Angleterre lui propose alors de prendre la tête de son équipe féminine. Un choix qui s’avère gagnant. En 19 matches sous ses ordres, l’Angleterre n’a pas connu la moindre défaite (17 victoires, deux nuls), alors qu’elle restait sur six revers lors des 10 dernières rencontres avant son arrivée.

Sous son impulsion, les Lionesses ont développé un jeu séduisant, diablement efficace comme elles l’ont montré depuis le début de l’Euro en inscrivant 20 buts en cinq matches.

Avant de connaître le succès en tant que sélectionneuse, Sarina Wiegman a aussi connu une longue carrière en tant que joueuse. Originaire de La Haye, elle a fait ses gammes à la fin des années 80 à l’Université de Caroline du Nord où elle a côtoyé de futures stars américaines comme Mia Hamm ou Kristine Lilly. À son retour au pays, elle joue pour l’équipe de Ter Leede et enregistre 99 sélections avec l’équipe nationale.

Après sa retraite sportive en 2003, elle décide de se consacrer au coaching. Elle monte petit à petit tous les échelons jusqu’à devenir adjointe au sein de l’équipe nationale, puis sélectionneuse en 2017. Connue pour son souci du détail et sa rigueur, la technicienne de 52 ans pourrait devenir dimanche la première à remporter deux titres européens avec deux pays différents. Au-delà de sa réussite personnelle, Sarina Wiegman pense surtout à donner l’exemple. "Nous voulons inspirer la Nation. Nous espérons qu’à la fin, tout le pays sera fier de nous et que de plus en plus de filles et garçons joueront au football", a-t-elle déclaré à quelques jours de la finale.

Voss-Tecklenburg, un retour au sommet de l’Allemagne

À 54 ans, Martina Voss-Tecklenburg ne va pas vivre sa première finale de l’Euro. Par quatre fois, elle a déjà soulevé le trophée en tant que joueuse (1989, 1991, 1995, 1997). Elle a aussi été finaliste de la Coupe du monde en 1995.

Mais cette fois-ci, elle va devoir vivre ce grand moment sur le banc. Les joueuses allemandes vont pouvoir profiter de son expérience. Depuis son arrivée à la tête de la sélection, l’équipe semble revivre. Lorsqu'elle est nommée sélectionneuse de la Frauen-Nationalmannschaft en novembre 2018, l'Allemagne se trouve dans un inhabituel creux, tournant difficilement la page Silvia Neid qui a maintenu sa sélection au sommet du foot mondial (or mondial en 2007, européen en 2009 et 2011 et olympique en 2016) durant plus d'une décennie (2005-2016).

En trois ans, Martina Voss-Tecklenburg a du tout reconstruire. Lors du Mondial 2019, les Allemandes ont été éliminées dès les quarts de finale, une défaite synonyme d'élimination pour les Jeux de Tokyo, où elles n'ont pas pu défendre leur titre olympique. Mais la pandémie de Covid-19 et le report du Championnat d'Europe anglais lui ont offert une année de plus pour approfondir sa relation avec les joueuses et leur insuffler une confiance retrouvée.

Le résultat s’avère plus que parlant. Alors qu’elle ne partait pas forcément favorite, l’Allemagne a retrouvé de sa superbe lors de l’Euro 2022 avec cinq victoires en autant de rencontres, un seul but encaissé contre la France en demi-finale et une finale d'un tournoi majeur, ce qui n'était plus arrivé depuis les JO-2016 de Rio. Cette réussite à l'Euro 2022 a ouvert la voie à une prolongation de son contrat, qui arrivait à échéance en août 2023, à la fin du Mondial en Australie et en Nouvelle-Zélande, pour lequel la qualification est une formalité.

En attendant cet autre rendez-vous majeur, Martina Voss-Tecklenburg sait que la tension sera à son maximum ce dimanche en finale : "Ce sera une grande fête. C’est un classique du football et l’Angleterre a été incroyable dans ce tournoi", a-t-elle résumé après la qualification de son équipe. "Nous allons jouer à Wembley devant 80 000 spectateurs. La plupart vont probablement soutenir l’Angleterre, mais nous acceptons ce défi".

Avec AFP

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