Fin de vie: Macron cherche une "voie moyenne", selon les cultes

Le président Emmanuel Macron à l'Elysée le 3 janvier 2023 à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP
Le président Emmanuel Macron à l'Elysée le 3 janvier 2023 à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Emmanuel Macron entend avancer sur la question de la fin de vie "de manière respectueuse", en trouvant une "voie moyenne", ont déclaré plusieurs représentants des autorités religieuses, reçus par le chef de l'Etat lundi.

Sur cette question, "on a senti qu'il voulait absolument avancer de manière respectueuse" et "dans la complexité, il cherche à trouver une voie moyenne", a déclaré le président de la Fédération protestante de France Christian Krieger, reçu à l'Elysée pour les voeux du président aux représentants des cultes.

Un autre rendez-vous "vers le mois d'avril"

Parmi ces derniers étaient notamment présents le grand rabbin de France, Haïm Korsia, le président de la Conférence des évêques de France, Eric de Moulins-Beaufort, le recteur de la Mosquée de Paris, Chems-eddine Hafiz, ou encore une représentante du Forum de l'islam de France (Forif, une instance composée d'acteurs de terrain, née en 2022).

Emmanuel Macron a dit "qu'il consulterait personnellement toutes les autorités religieuses, une fois que la Convention citoyenne aura fait son travail", "vers avril", selon Christian Krieger. "En même temps", il a indiqué "qu'il se sentait le devoir de manifester un respect de personnes qui auraient perdu tout sens à leur vie en raison de leurs souffrance et de leur isolement. Et que la société doit être en capacité de répondre aux personnes qui n'ont pas de réponses religieuses pour elles-mêmes".

Les cultes s'opposent à toute "aide active à mourir"

Le chef de l'Etat a aussi indiqué que 2023 serait "l'année du Forif", "interlocuteur" des pouvoirs publics, avec la tenue d'une nouvelle réunion "en mars" et "la désignation d'interlocuteurs dans les départements", a affirmé Chems-eddine Hafiz.

Le président a enfin longuement évoqué la paix et les foyers de guerre dans le monde, ont rapporté Haïm Korsia et Eric de Moulins-Beaufort: "l'Ukraine, la Russie, mais aussi l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la République démocratique du Congo, etc". "Il a insisté sur la façon dont les religions peuvent être une ressource pour la paix", selon ce dernier. Etaient présents, côté gouvernement, Elisabeth Borne et le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, ont-ils rapporté.

En mars, les quelque 200 citoyens français de la Convention citoyenne sur la fin de vie diront s'il faut changer ou non la loi actuelle. A l'automne, les différents cultes ont exprimé leurs inquiétudes, défendant le respect "absolu" de la vie, et estimant qu'un passage à une "aide active à mourir" constituerait une "rupture" majeure.

Article original publié sur BFMTV.com