Fin de vie: laissons le choix aux patients

Vincent Lautard
L'accompagnement des personnes en fin de vie est un débat récurrent en France.

EUTHANASIE - L’accompagnement des personnes en fin de vie est un sujet qui fait souvent débat dans notre société. Alors que la grande majorité des Français est favorable à la légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté (depuis 2016, de nombreux sondages montrent que plus de 80% des Français souhaitent la promulgation d’une loi sur l’aide active à mourir), le gouvernement refuse d’aborder ce sujet de société.

Face au silence des politiques, des mouvances religieuses “pro life” et anti-IVG, n’hésitent pas à donner de la voix, pour essayer d’imposer leur vision des soins palliatifs. Une vision axée sur leurs croyances religieuses ou la volonté du patient est secondaire. Cela s’est fortement ressenti, l’été dernier, suite aux nombreux rebondissements de l’affaire Vincent Lambert, patient décédé le 11 juillet au CHU de Reims. De plus, cette affaire tragique, fortement médiatisée, a révélé de réelles failles juridiques sur la prise en charge de la fin de vie dans notre pays.

Vincent Lambert était un infirmier, qui en 2008 s’est retrouvé plongé dans un état végétatif chronique, jugé irréversible, après un grave accident de la route. Suite à cela, une longue bataille a opposé les parents de Vincent Lambert, qui souhaitaient maintenir leur fils en vie, à la femme (tutrice légale) et au médecin de ce dernier, qui estimaient eux que la poursuite des traitements s’apparentait à de l’acharnement thérapeutique. 

Durant ce conflit acharné, plusieurs tribunaux français ainsi que la Cour européenne des droits de l’homme ont validé à plusieurs reprises l’arrêt des traitements. Mais les parents, dont les frais d’avocat étaient financés par la fondation Lejeune (association chrétienne pro-vie et anti IVG), ont réussi à multiplier les recours pendant des années pour repousser la décision d’arrêt des thérapeutiques, et ce en étant en totale contradiction avec la volonté de leur fils comme l’a affirmé le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne en janvier 2019 : “Il résulte...

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