Fin de vie: les évêques catholiques prônent "une aide active à vivre"

Mgr Eric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France (CEF), le 7 avril 2022 à Lourdes - Matthieu RONDEL © 2019 AFP
Mgr Eric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France (CEF), le 7 avril 2022 à Lourdes - Matthieu RONDEL © 2019 AFP

Les évêques catholiques plaident pour une "aide active à vivre", plutôt que pour une "aide active à mourir", dans une tribune où ils appellent à développer l'offre de soins palliatifs et à ne pas traiter ces questions "sous la pression".

Cette tribune, publiée sur le site du journal Le Monde ce vendredi, est signée par le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France (sorte d'exécutif), qui compte dans ses rangs notamment Eric de Moulins-Beaufort, président, Jean-Marc Aveline, cardinal et archevêque de Marseille ou encore Laurent Ulrich, archevêque de Paris.

Il intervient peu après l'avis rendu par le Comité consultatif national d'éthique (CCNE), qui accepte, pour la première fois, la possibilité d'une aide "active" à mourir.

Une "voie française" sur la fin de vie

"A l'écoute de malades, de soignants, de familles, d'acteurs des soins palliatifs, nous percevons que le besoin essentiel du plus grand nombre est d'être considérés, respectés, aidés, accompagnés, non abandonnés. Leur souffrance doit être soulagée, mais leurs appels expriment aussi leur besoin de relation et de proximité. L'attente la plus profonde de tous n'est-elle pas l'aide active à vivre, plutôt que l'aide active à mourir?", interrogent-ils.

Selon les évêques, "depuis plusieurs décennies, un équilibre s'est progressivement trouvé dans notre pays pour éviter l'acharnement thérapeutique et promouvoir les soins palliatifs. Cette 'voie française' a pu faire école et dit quelque chose du patrimoine éthique de notre pays", plaident-ils.

Mais, regrettent-ils, les soins palliatifs "sont encore absents d'un quart des départements français".

Crise du Covid-19

"Durant la crise liée au Covid-19, notre société a fait de lourds sacrifices pour 'sauver la vie', en particulier des personnes les plus fragiles (...)", font-ils valoir. "Comment comprendre que, quelques mois seulement après cette grande mobilisation nationale, soit donnée l'impression que la société ne verrait pas d'autre issue à l'épreuve de la fragilité ou de la fin de vie que l'aide active à mourir, qu'un suicide assisté?", interrogent-ils.

"La question de la fin de vie est si sensible et si délicate qu'elle ne peut pas se traiter sous la pression", plaident-ils, alors qu'un débat national va s'engager.

Il est pour eux "nécessaire d'écouter sérieusement et sereinement les soignants, les associations de malades, les accompagnants, les philosophes, les différentes traditions religieuses pour garantir les conditions d'un authentique discernement démocratique."

Article original publié sur BFMTV.com