Fin de la trêve hivernale: Emmanuelle Wargon promet "une reprise maîtrisée" des expulsions

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Les expulsions de locataires doivent reprendre le mardi 1er juin, de manière "maîtrisée", a affirmé la ministre du logement au Parisien.

La trêve hivernale devait initialement prendre fin au 1er avril. Prolongée de deux mois, en raison de la crise sanitaire, elle s'achèvera bien le 1er juin, soit mardi prochain, a confirmé la ministre du Logement Emmanuelle Wargon vendredi au Parisien, dans un article publié ce samedi.

"Il ne peut y avoir d’année blanche en termes d’expulsions, ni de moratoire", a-t-elle indiqué au quotidien, ajoutant vouloir ménager les propriétaires bailleurs, victimes d’impayés.

Une reprise progressive

Pour éviter de fragiliser les plus précaires, l'ancienne directrice des affaires publiques de Danone a affirmé avoir appelé les préfets à réaliser "une reprise maîtrisée" des expulsions. 

Dans un communiqué de presse diffusé le 28 avril dernier, Emmanuelle Wargon et Marlène Schiappa avaient ainsi indiqué avoir signé une instruction visant à préparer la reprise progressive de ces procédures tout en souhaitant "protéger les populations précaires et vulnérables".

"À l'issue de la trêve, si une expulsion doit avoir lieu, elle sera assortie d'une proposition d'un autre logement, ou à défaut d'une proposition d'hébergement le temps qu'une solution plus pérenne soit trouvée. En amont, tous les efforts seront réalisés pour anticiper le relogement des ménages concernés par une procédure d'expulsion. Enfin, les ménages les plus vulnérables, du point de vue sanitaire ou familial, seront maintenus dans le logement", expliquaient les deux ministres.

Les propriétaires dont les locataires ne sont pas expulsés immédiatement seront "mieux indemniser", a par ailleurs promis Emmanuelle Wargon. Le fonds d'aide qui leur est dédié va être doté de 10 millions d'euros en juillet pour atteindre 37 millions d'euros. Le Fonds de Solidarité Logement, destiné aux locataires pour éviter les impayés de loyer, sera augmenté de 30 millions d'euros. 

66.000 personnes menacées

La Fondation Abbé Pierre a critiqué, dans un communiqué de presse diffusé le 24 mai, la fin de la trêve hivernale, soulignant que la reprise des expulsions "menace cette année 30.000 ménages, soit près de 66.000 personnes, dans un contexte sanitaire, économique et social dramatique, qui fragilise en premier lieu les plus précaires". 

Elle a demandé à ce que le relogement des locataires soit "digne et pérenne de tous les ménages en fin de procédure" et que la condition de relogement soit "strictement appliquée" et ne dépende pas "des capacités de chaque territoire comme cela est mentionné dans l’instruction".

Article original publié sur BFMTV.com

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