Fin du numerus clausus : les actuels étudiants en médecine «dindons de la farce»

Elsa Mari
Etudiants en première année de médecine à l’Université Paris-Descartes. De gauche à droite : Nessilia, Jessica, Khaouda, Shane et Chris

Nous sommes allés à la rencontre ce mardi après midi des étudiants en médecine parisiens, alors que la fin du numerus clausus vient d’être annoncée. Beaucoup ne peuvent pas se réjouir…


« Oh les enfoirés, je vais arrêter médecine et je retenterai dans quelques années alors ! » lâche une étudiante, déconfite. « Ah super. Génial. Merci », ironise une autre. « Nous, on galère ». Devant l’imposante façade en pierre de la faculté de médecine René Descartes, à Paris, les premières années viennent de l’apprendre, le numerus clausus, cette sélection ultra-sélective, par concours, qui écarte plus de 80 % des candidats à la fin de la première année vient d’être dynamitée par le gouvernement. Et la vieille machine à quota, datant de 1968, sera supprimée d’ici 2020. Pas pour eux, mais pour les futurs étudiants qui passeront désormais des examens à la place des questionnaires tant redoutés.

Si les cours viennent à peine de commencer, l’esprit de compétition tourne déjà à l’obsession, et l’idée d’être les dindons de la farce exaspère les étudiants. Quid de l’équité ? « Franchement, le gouvernement aurait pu le supprimer avant, peste Jessica, 19 ans, lunettes noires vissées sur le nez, qui redouble sa première année comme sa copine Messillia, en sweat-shirt, arrivée environ 1000e sur 2000 l’an dernier. « Faut que les futurs étudiants bossent comme les autres, on passe tous par-là ! ». Avec sa bande de copains, chacun a l’estomac noué, à l’idée d’échouer à nouveau. Ils viennent à l’instant de l’apprendre : pour les doublants, le nombre de places dans leur fac sera limité à 211 cette année. 211 sur près de 2000 places. Pas une de plus. Ils sont les premières victimes du numerus clausus, que la ministre de la Santé a justement supprimé pour ne plus « désespérer des générations entières de jeunes », bons élèves, qui échouent et le vivent « comme un échec fondamental ».


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