Fin de l'évacuation vers des centres d'accueil des migrants de Grande-Synthe

Zoé LEROY
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Des migrents montent dans des bus à Grande-Synthe, dans le nord de la France, le 14 avril 2017

Lille (AFP) - Cinq jours après l'incendie qui a détruit le camp de la Linière à Grande-Synthe (Nord), l'opération de mise à l'abri durable d'un bon millier de migrants qui dormaient provisoirement dans des gymnases du département s'est achevée samedi, a annoncé la préfecture du Nord.

"L'opération de mise à l'abri des migrants à la suite de l'incendie du camp de la Linière s'est achevée ce samedi 15 avril à 17H00. Elle a permis la prise en charge de 1.061 personnes dont la plupart ont rejoint un centre d'accueil et d'orientation (CAO)", a indiqué la préfecture dans un communiqué.

Par ailleurs, "une trentaine de migrants ont été interpellés par les services de la police aux frontières pour des motifs de troubles à l'ordre public et de liens avérés avec les passeurs", a ajouté cette source.

Au total, ce sont ainsi "1.100 personnes qui sont entrées dans l'action des services engagés par l'Etat et la ville de Grande-Synthe pour faire face aux conséquences de l'incendie qui a détruit le camp", selon la préfecture. Ce chiffre, ajoute-t-elle, "correspond au nombre de migrants pris en charge durant la nuit de lundi à mardi dans les différents gymnases ouverts à Grande-Synthe, Dunkerque et (la commune voisine de) Craywick".

Samedi, les derniers migrants ont quitté ces gymnases: quelque 400 personnes, réparties en sept bus, ont été orientées vers des CAO. Elles faisaient notamment partie des personnes évacuées vendredi d'un campement sauvage qui s'était formé dans une zone boisée de Grande-Synthe, au "Puythouck".

Ouvert en mars 2016 avec des normes humanitaires ambitieuses, le camp de migrants de Grande-Synthe hébergeait au moment du sinistre près de 1.400 personnes dans des cabanons en bois.

- 'Réduits en cendres' -

Lundi soir, les trois quarts de ces chalets en bois ont été réduits en cendres par de multiples départs de feu, à la suite de violentes bagarres survenues entre Kurdes irakiens et Afghans, et les migrants ont dû être hébergés en urgence dans des salles communales.

Ainsi, depuis mercredi, à 40 km à l'est de Calais, s'était montée à une échelle plus réduite, et dans l'improvisation imposée par les circonstances, une opération analogue à celle conduite fin octobre pour acheminer dans des CAO environ 6.000 migrants de la "Jungle" de Calais au moment de son démantèlement.

L'enquête sur les mises à feu volontaires du camp, confiée par le parquet de Dunkerque au commissariat de la ville, bute pour le moment sur les nombreuses "incertitudes autour des identités et des localisations des témoins", a dit vendredi le procureur Sébastien Piève à l'AFP.

"Ils ont réussi à convaincre plus ou moins facilement les réfugiés de se diriger vers des CAO, nous attendons de voir maintenant combien de personnes vont y rester et combien vont en revenir", a réagi Christian Salomé, président de l'Auberge des Migrants, qui était auprès des sinistrés cette semaine. "Cela dépendra notamment de l'accueil qui leur sera réservé là-bas. Est-ce que certains n'ont pas pris les bus un peu contraints et forcés ? Il est encore un peu trop tôt pour dresser un bilan".

Le maire de Grande-Synthe, Damien Carême, qui a estimé que la mise à l'abri des migrants après l'incendie s'était "plutôt bien passée", a affirmé vendredi "qu'à l'avenir" sur le littoral "il faudra se poser la question de l'accueil des migrants".

"Il faudra inventer quelque chose avec l'Etat, avec les collectivités, avec les associations, avec les ONG, qu'est-ce qu'on met en ?uvre pour gérer le flux de migrants et ne pas les laisser errer à gauche et à droite ? Il n'y a pas de CAO sur le littoral, alors que, qu'on le veuille ou non, l'Angleterre est là", toute proche, a-t-il regretté.

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