La "fin de l'impunité" pour les trafiquants d'êtres humains en Europe ?

La "fin de l'impunité" pour les trafiquants d'êtres humains en Europe ?

"L'impunité est terminée", a déclaré Ylva Johansson, commissaire européenne aux Affaires intérieures, lors d'une réunion sur la traite des êtres humains à des fins sexuelles et de travail.

Le défi est de taille : sur les 821 réseaux criminels les plus dangereux de l'UE recensés par Europol, 55 se livrent principalement au trafic d’êtres humains.

“L'année dernière, ce secteur a généré plus de 200 milliards de dollars (185 milliards d'euros) dans le monde. Nous luttons désormais contre la culture de l'impunité grâce à une nouvelle règle de recouvrement des avoirs que j'ai proposée", explique Ylva Johansson.

"Nous allons priver les criminels de leurs voitures de luxe, de leurs grandes maisons et de leurs montagnes d'argent”, affirme-t-elle.

La nouvelle directive sur la lutte contre la traite des êtres humains, adoptée par l'Union européenne le 27 mai dernier, vise à faire de l'"utilisation consciente" des victimes du trafic un délit dans tous les États membres.

La commissaire aux Affaires intérieures de l’Union déclare que “le fait d'utiliser sciemment les services de victimes de la traite sera bientôt considéré comme un délit dans toute l'Union européenne”.

Cette pratique n'était auparavant criminalisée que dans certains pays européens.

Comment lutter contre la traite d'êtres humains ?

L'exploitation sexuelle n'est pas la seule forme de traite des êtres humains, 40 % des victimes étant exploitées à des fins de travail forcé.

L’invasion russe en Ukraine a également exposé les réfugiés ukrainiens à un risque accru vis-à-vis des trafiquants d’êtres humains.

“Les femmes et les enfants ukrainiens restent vulnérables et constituent une cible. La menace n'est pas écartée. Nous devons rester vigilants. Et je me réjouis qu'en mars, Europol ait mis en place une force d'intervention contre les trafiquants qui s'en prennent aux Ukrainiens”, ajoute Ylva Johansson.

Une action commune impliquant Europol et 31 pays a été menée en avril, pour lutter contre l'exploitation du travail des ressortissants de pays tiers et des réfugiés.

Cette intervention a donné lieu à “51 arrestations et à l'identification de 334 victimes potentielles”, déclare Cosmin Boiangiu, directeur exécutif de l'Autorité européenne du travail, qui précise que "les inspections ont été menées dans divers secteurs tels que la restauration, l'industrie alimentaire, les services de beauté, la logistique, l'agriculture et la construction”.

La nouvelle directive permettra également de s'attaquer à d'autres types de trafics tels que les mariages forcés, les mères porteuses, et les adoptions illégales.

Les États membres ont deux ans pour inscrire ces mesures dans leur législation nationale.