La fin de l’utopie multiculturelle

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Dans « Les uns contre les autres… », la journaliste Noémie Halioua ausculte Sarcelles, la ville qui l'a vue grandir.

Sarcelles , ville de tous les records. La sous-préfecture du Val-d’Oise, à 15 kilomètres de Paris, n’est pas seulement l’une des communes les plus pauvres du pays. Symbole du métissage culturel dès les années 1960, lorsque cette cité bâtie sur des champs de légumes accueille les déracinés du monde entier, elle est aujourd’hui « la ville la plus communautarisée de France ». Un « agrégat de ghettos » miné par la peur, la délinquance… et les poussées de fièvre antisémite. Sa communauté juive, autrefois l’une des premières d’Europe, n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Comment en est-on arrivé là, à Sarcelles mais aussi dans toutes ces banlieues où les mêmes causes ont produit les mêmes effets ? C’est pour répondre à cette question que la journaliste Noémie Halioua est revenue ausculter la commune qui l’a vue grandir, dans les années 1990. Déjà à l’époque, se souvient-elle, le séparatisme était une réalité tangible : « Plutôt que l’ère du vivre-ensemble, c’était l’ère de l’entre-soi : chacun vivait dans sa bulle et y faisait perdurer la culture de ses ancêtres ». L’émancipation de l’auteure passera par la sortie de la « bulle » du quartier juif et la découverte de Paris, « un choc culturel digne d’un changement de continent ».

Paradoxe : plus ce repli identitaire s’accentue, plus les responsables politiques s’acharnent à vanter le multiculturalisme à la sarcelloise. Les pouvoirs publics ne sont pas épargnés, coupables qu’ils sont d’avoir aggravé la situation par toute une série de manquements ou de petites lâchetés : concentration des populations immigrées sur un même territoire, clientélisme en faveur d’associations ethniques ou confessionnelles, contournement de la loi de 1905 au profit des lieux de culte…

Un récit(...)


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