Fin annoncée de Barkhane : “La France cherche à sauver ce qui peut encore l’être”

PHOTO HANDOUT/AFP

Engagée depuis neuf ans dans la lutte contre les groupes armés terroristes au Sahel, l’opération française Barkhane vit ses dernières heures. Selon l’Élysée, Emmanuel Macron l’annoncera officiellement au cours d’une allocution ce 9 novembre, à Toulon.

Il reste quelque 3 000 soldats français encore déployés au Niger, au Tchad et au Burkina Faso. Rappelons que les principales bases de Barkhane se comptaient essentiellement au Mali, où la force française a fini par être poussée hors du pays [elle en est partie définitivement le 15 août dernier] par la junte, qui, au motif d’absence de résultats sur le terrain de la lutte antidjihadiste, a décidé de se tourner vers le sulfureux groupe paramilitaire russe Wagner.

La suite, on la connaît. Car la tension, depuis lors, n’a cessé de monter entre Bamako et Paris sur fond de passes d’armes et de diatribes parfois virulentes. Cela dit, en annonçant la fin de Barkhane, Paris entend-il laisser le terrain aux puissances rivales que sont, par exemple, les Russes et les Chinois ?

Assurément, non ! Car l’annonce de la fin de Barkhane ne signifie pas le départ des soldats français du Sahel. Tant s’en faut !

Barkhane veut opérer sa mue

Selon l’Élysée, ils vont y rester et poursuivre la lutte contre les groupes armés affiliés à Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) [anciennement Groupe salafiste pour la prédication et le combat, qui a prêté allégeance à Al-Qaida en 2007] et à l’État islamique (EI) [l’État islamique dans le Grand Sahara, ou EIGS, créé en mai 2015]. Ceux-ci essaient, tant bien que mal, d’étendre leurs tentacules vers les pays du littoral. La preuve en est qu’ils ont déjà mené plusieurs incursions meurtrières en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Togo et au Ghana.

En fait, Barkhane veut opérer sa mue pour ne plus être perçue comme une force d’occupation dans l’imaginaire populaire africain. Elle souhaite, tout en changeant de dénomination, se positionner comme un partenaire pouvant appuyer les pays qui le souhaitent dans la formation, l’équipement, le renseignement, etc.

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