Le film "Mia et le lion blanc" apporte un regard brutal sur la chasse aux lions d'élevage en Afrique du Sud

Pierre Magnan
Derrière la jolie carte postale offerte par le film "Mia et le lion blanc", histoire qui se déroule en Afrique du Sud, on découvre la pratique peu connue qui consiste à offrir à de riches chasseurs des lions élevés dans des fermes.

A travers les relations entre la jolie Mia et son magnifique lion blanc Charlie, les spectateurs découvrent une bien étrange et plutôt abominable pratique qui consiste à élever des lions dans des fermes pour les livrer, une fois adultes, à des "chasseurs" contents de les abattre sans prendre aucun risque. Une pseudo chasse que les Anglo-Saxons qualifient de "chasse en conserve" ("canned hunting") tant le sort du lion est joué d’avance.

Le phénomène n’est pas marginal puisqu’en Afrique du Sud, ces lions d’élevage seraient environ 8000 contre 3000 à l’état sauvage. Selon le journal The Guardian, il existe plus de 160 fermes en Afrique du Sud qui élèvent légalement des fauves. Il faut dire que le business rapporte au pays, puisqu’on estime le chiffre d’affaires de ces canned huntings à quelque 36 millions de dollars par an.

Comme l'adorable Charlie du film, les lions de ces fermes ont un avenir tout tracé. Petits, ils rapportent déjà puisque les touristes payent pour pouvoir les caresser ou les promener dans la ferme. Lorsque l’animal est adulte, il est sorti de la cage où il a été élevé pour être placé dans une vaste zone fermée, où il va passer quelques heures avant de tomber sous les balles (ou parfois la flèche d’une arbalète, comme on le voit dans le film) d’un chasseur.

Tout ceci est on ne peut plus légal. Il en coûtera au richissime chasseur, venu en général d'Amérique du Nord ou d'Europe, jusqu’à (...)

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