L'attentat de Nice: le film des événements

Un homme au volant d'un camion a foncé dans la foule, jeudi soir lors du feu d'artifice du 14 juillet à Nice, tuant 84 personnes: huit mois après les attentats de Paris, cette attaque revendiquée par le groupe État islamique (EI) a de nouveau plongé la France dans l'effroi. Voici le film des événements: Jeudi 14 juillet : - Peu avant 23H00, un camion frigorifique blanc de 19 tonnes fonce dans la foule massée sur la Promenade des Anglais à Nice. Il écrase sur deux kilomètres toutes les personnes se trouvant sur son chemin, dont plusieurs enfants. Sa course meurtrière s'arrête près du Palais de la Méditerranée, luxueux complexe hôtelier, pneus crevés, pare-brise criblé de balles. Le conducteur meurt sous les balles des policiers. - Sur la Promenade des Anglais, fermée à la circulation en ce soir de 14 Juillet, les témoins décrivent des scènes de panique, de "chaos absolu". Vendredi 15 juillet : - Vers 03H00, les enquêteurs trouvent à l'intérieur du camion des papiers d'identité. L'homme figurant sur ces papiers n'est pas connu pour radicalisation mais pour des délits de droit commun. - Peu avant 04H00, François Hollande déclare, depuis l?Élysée, que l'attentat est "une attaque dont le caractère terroriste ne peut être nié". Il annonce la prolongation de trois mois de l'état d'urgence et qu'il fera "appel à la réserve opérationnelle", un vivier de volontaires et d'anciens militaires. - Le bilan, établi à 77 morts, monte à 84, parmi lesquels de nombreux enfants. S'y ajoutent 18 personnes "en état d'urgence absolue". - Les réactions d'indignation se succèdent. Le président américain Barack Obama, la chancelière Angela Merkel ou le Vatican condamnent l'attentat, tout comme les pays arabes, l'Iran ou Israël. La plus haute institution de l'islam sunnite en Egypte, Al-Azhar, appelle à l'unité pour "débarrasser le monde du terrorisme". Le Conseil de sécurité de l'ONU observe un moment de silence en hommage aux victimes. - L'identité du conducteur est confirmée: il s'agit de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, 31 ans, né en Tunisie et domicilié à Nice. Une perquisition a lieu à son domicile. - François Hollande décrète un deuil national de trois jours et se rend à Nice. Il appelle à "l'unité" après une visite au chevet des victimes. "Parmi ces victimes, il y a des Français, il y a aussi beaucoup d'étrangers, et il y a beaucoup d'enfants, de jeunes enfants". - L'ex-épouse de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel est placée en garde en vue. Quatre hommes de son entourage sont ensuite interpellés. - Le procureur de la République de Paris François Molins annonce que l'attentat a fait au moins 84 morts, "dont 10 enfants et adolescents". Il recense alors "202 blessés, dont 52 en état d'urgence absolue" qui sont "entre la vie et la mort". - Le tueur, "totalement inconnu" des services de renseignement (procureur), avait été condamné "une seule fois" à six mois de prison avec sursis à la suite d'une altercation (garde des Sceaux). - François Hollande s'entretient avec Angela Merkel, la nouvelle Première ministre britannique Theresa May et Barack Obama. - Manuel Valls nie qu'il y ait eu une faille dans la sécurité à Nice et qualifie l'auteur de "terroriste sans doute lié à l'islamisme radical". Samedi 16 juillet : - Le groupe Etat islamique (EI) revendique la tuerie, selon l'agence Amaq liée au groupe jihadiste. "L'auteur de l'opération (...) menée à Nice en France est un soldat de l?État islamique", affirme Amaq. - Face aux virulentes critiques de l'opposition, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé en tête, François Hollande lance un appel à la "cohésion" et à "l'unité" après avoir présidé un Conseil restreint de sécurité et de défense. - La présidente du Front national Marine Le Pen dénonce des "carences gravissimes de l?État dans sa mission première, la protection de nos compatriotes". - Le ministère de la Santé dénombre dans l'après-midi 121 blessés encore hospitalisés dont 26 en réanimation. - Après avoir évoqué la "radicalisation rapide" de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, Bernard Cazeneuve appelle "tous les Français patriotes qui le souhaitent" à rejoindre la réserve opérationnelle.