Fillon s'entoure de "sarkozystes", Baroin incontournable

François Fillon, en quête d'un second souffle après avoir été au bord du renoncement, a dévoilé jeudi les premières recrues de sa nouvelle équipe qui fait la part belle aux "sarkozystes" et confie à François Baroin la difficile mission de rassembler à droite à six semaines du premier tour de la présidentielle. /Photo prise le 8 mars 2017/REUTERS/Charles Platiau

PARIS (Reuters) - François Fillon, en quête d'un second souffle après avoir été au bord du renoncement, a dévoilé jeudi les premières recrues de sa nouvelle équipe qui fait la part belle aux "sarkozystes" et confie à François Baroin la difficile mission de rassembler à droite à six semaines du premier tour de la présidentielle.

Le sénateur-maire (Les Républicains) de Troyes qui, de l'avis de cadres LR, a su habilement s'imposer dans la tourmente judiciaire qui a emporté nombre des soutiens de François Fillon, s'affirme comme une pièce maîtresse pour un candidat toujours fragilisé et sous la menace d'une mise en examen le 15 mars.

Soutien de Nicolas Sarkozy durant la primaire - l'ancien chef de l'Etat en avait fait son Premier ministre putatif -, le président de l'Association des maires de France, 51 ans, a été présenté un temps comme un possible candidat de substitution.

Ce "bébé Chirac" est pressenti pour un ticket avec François Fillon, ce qui induit logiquement le poste de Premier ministre le concernant, même si l'entourage du candidat juge prématurée toute spéculation sur le "shadow cabinet" en préparation.

"MISSILE ANTI-MACRON"

"Un ticket avec Baroin peut donner davantage envie à Nicolas Sarkozy et à ses amis de soutenir François Fillon, ça permet au candidat de s'afficher avec une personnalité plus appréciée de l'opinion publique, mais ça n'efface pas le ticket Macron-Bayrou", estime Gaël Sliman (Odoxa).

Jérôme Fourquet (Ifop) relève que François Baroin "est assez populaire à droite". "Avec son côté moderne et jeune, il peut servir de missile anti-Macron", dit-il pour sa part.

Dans l'Observatoire politique Elabe pour Les Echos et Radio classique publié jeudi, François Baroin gagne cinq points à 28% d'opinions positives. Après une chute vertigineuse dans la précédente mesure, la cote de François Fillon se stabilise à 23% (+1). Chez les sympathisants de la droite et du centre, le candidat est stable à 55% d'opinions positives.

François Fillon, qui s'efforce de colmater les lézardes causées par les défections de dizaines d'élus, veut s'assurer le soutien des centristes de l'UDI. Il doit rencontrer vendredi son président, Jean-Christophe Lagarde.

Le député LR Damien Abad, l'un des rares "lemairistes" à ne pas avoir quitté le navire, appelle les élus à revenir. "La contrepartie, c'est la loyauté et la fidélité et éviter qu'à la première bourrasque on se retrouve avec du monde à nouveau en situation de départ", dit-il.

"PLUS DE CHAPELLES"

Jean-François Copé, qui avait pris ses distances avec François Fillon en raison notamment de son désaccord avec le rassemblement du Trocadéro, a donné le signal du retour jeudi. "L’heure n’est plus aux états d’âme! François Fillon est le candidat de la droite et du centre. Il n’y en a pas et il n’y en aura pas d’autre", écrit-il sur son blog.

Encore sonnés par le renoncement du maire de Bordeaux, les "juppéistes" réfléchissent à leur contribution future à la campagne, pas forcément au sein de l'organigramme.

Même si l'entourage de Nicolas Sarkozy dément toute "tractation" au profit des troupes de l'ancien chef de l'Etat dans les heures décisives qui, le week-end dernier, ont conduit Alain Juppé à renoncer et François Fillon à s'imposer, les "sarkozystes" figurent en position de force dans l'équipe.

Luc Chatel remplace le "lemairiste" Thierry Solère au poste de porte-parole du candidat et présidera les comités de soutien, selon un communiqué. Bruno Retailleau, lieutenant en chef de François Fillon, coordonnera la campagne avec un autre "sarkozyste", Christian Jacob, chef de file des députés LR.

"Il n'y a plus de chapelles. Il y a des électeurs de droite qui veulent gagner", a dit jeudi Luc Chatel à la presse.

"D'autres désignations auront lieu la semaine prochaine", précise le communiqué. Les noms de Laurent Wauquiez, dont Brice Hortefeux souhaite qu'il joue "un rôle majeur", peut-être à la tête de LR, et de Jean-Pierre Raffarin, qui a soutenu Alain Juppé durant la primaire et incarne le droite "humaniste" et "modérée", circulent avec insistance pour des rôles prééminents.

(Sophie Louet, édit par Yves Clarisse)

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