Fillon, la fable du rempart anti-FN

Libération.fr

Mercredi, Luc Chatel était formel : voter Macron au premier tour, ce serait «prendre le risque de faire élire Le Pen le 7 mai». A l’appui de sa démonstration, le porte-parole de Fillon expliquait sur France Info qu’il ne serait pas de meilleur rempart face à l’extrême droite que «la droite républicaine». On l’a vu aux Pays-Bas mi-mars. Et aussi aux élections régionales françaises, fin 2015. Loin de servir sa cause, cette affirmation de Chatel fait cruellement ressortir l’effarante dégradation du candidat LR. Car chacun voit bien, justement, que l’issue d’un duel Fillon-Le Pen n’a plus rien d’une évidence.

Jadis inconcevable, l’élimination de l’ancien Premier ministre est devenue possible en raison des affaires qui polluent sa campagne. Certains sondages ne donnent la patronne du FN qu’à 6 points de lui. On entre dans la marge d’erreur… Macron, lui, l’emporterait au second tour avec près de 20 points d’avance.

Normalement, Luc Chatel a pourtant raison : Fillon devait pouvoir compter, face au FN, sur un soutien massif de l’électorat de gauche. Les régionales de décembre 2015 ont démontré que les vieux réflexes républicains restaient solidement ancrés. Même un Christian Estrosi en avait profité face à Marion Maréchal-Le Pen, malgré une campagne de premier tour très droitière qui en avait révulsé beaucoup à gauche. S’agissant de l’intègre Fillon, on pouvait donc parier que la gauche aurait aisément surmonté ses inquiétudes sur le «choc de compétitivité» qu’il veut infliger au pays.

Mais qui peut garantir aujourd’hui qu’une telle majorité républicaine serait prête à se mobiliser derrière un candidat mis en examen pour détournement de fonds publics et complicité d’abus de biens sociaux ?

Luc Chatel avance un deuxième argument, normalement aussi pertinent que le premier. Contre le FN, «le candidat de gauche» Emmanuel Macron aurait beaucoup plus de mal à rassembler. Car après l’élimination de leur champion, les électeurs de droite, furieux de s’être fait «voler» leur victoire, (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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