«Avec Fillon, on assiste à l’exhibition d’un orgueil»

Libération.fr

Trois jours après son passage mouvementé dans «l’Emission politique», sur France 2, où elle faisait face au candidat LR, Christine Angot a accepté de recevoir «Libération» chez elle pour refaire le match.

Au lendemain du face-à-face houleux sur France 2 entre François Fillon et la romancière Christine Angot, nous avons sollicité celle qui est aussi chroniqueuse à Libération. Elle nous a rappelée samedi puis reçue chez elle dimanche matin, dans un appartement du Nord parisien baigné de soleil. Vêtue de noir, son fameux bracelet au poignet (lire ci-contre), elle semblait sûre d’elle, considérant comme «dingue» l’accusation portée contre elle par beaucoup d’avoir involontairement renforcé le candidat LR. Est-ce un hasard si, non loin du canapé où nous prenons place, traîne un exemplaire de la Nausée de Jean-Paul Sartre ?

Avez-vous proposé à France 2 d’intervenir ?

Non, jamais je n’aurais proposé un truc pareil. France 2 a téléphoné à un ami, une semaine avant l’émission. Ma première réaction a été de dire non. Ça me paraissait trop dur, mais en même temps j’avais envie d’accepter car je savais que je serais à la fois seule et pas seule. Un écrivain, c’est toujours une expression par lui-même, et en même temps on sait qu’on n’est pas seul. Je ne réfléchis jamais sur le moment. Je réfléchis après. Sinon je ne le fais pas. Mon texte était écrit à la virgule près. Les trois premières phrases me sont venues au dernier moment.

Vous aviez déjà croisé François Fillon ?

Non, jamais.

Vous ne regrettez pas d’y être allée ?

Non. Dans ce que j’ai dit, je n’ai rien inventé. C’est ce que les gens ressentent, je le sais. Je voulais mettre des mots sur un état d’esprit. En revanche, je n’ai aucun sens de la repartie. Et j’avais face à moi un professionnel du débat. Le débat, c’est une prise de pouvoir, par la rhétorique, de l’un sur l’autre, une partie de tennis où tout ce qui compte, c’est de marquer des points. Quand il a dit «je constate que vous n’avez pas rendu le bracelet», (...)

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