Fillon appelle ses électeurs au "bon sens" contre Le Pen

François Fillon, qui avait appelé ses électeurs à voter pour Emmanuel Macron dès son élimination au soir du premier tour de l'élection présidentielle, a renouvelé mardi son appel pour "éviter de voir la France présidée par l'extrémisme". /Photo prise le 23 avril 2017/REUTERS/Christian Hartmann

PARIS (Reuters) - François Fillon, qui avait appelé ses électeurs à voter pour Emmanuel Macron dès son élimination au soir du premier tour de l'élection présidentielle, a renouvelé mardi son appel pour "éviter de voir la France présidée par l'extrémisme".

Le candidat de la droite et du centre, qui a réuni mardi ses soutiens parlementaires pour un pot d'adieu à Paris, n'a pas explicitement cité cette fois-ci le nom du favori des sondages mais a visé Marine Le Pen, la candidate du Front national, dont l'élection précipiterait selon lui la France dans "le vide".

Les Républicains restent divisés sur leur positionnement en vue du second tour du 7 mai.

Au lendemain du premier tour, le 24 avril, le bureau politique du parti avait adopté par consensus une déclaration commune appelant à "voter contre Marine Le Pen pour la faire battre", sans mentionner son adversaire. nL8N1HW4ZF]

Le débat a repris avec virulence mardi lors d'un nouveau bureau politique où les "pro-vote Macron", emmenés notamment par la sénatrice "juppéiste" Fabienne Keller, ont appelé à une clarification de la consigne de vote en faveur de l'ancien ministre de l'Economie de François Hollande.

"Pour la première fois, certains membres éminents de la droite et du centre appellent à voter blanc lors de l'élection présidentielle. Ils font ainsi le choix de banaliser le Front national et de contribuer indirectement à l'ascension électorale de l'extrême droite, voire à sa victoire", déplore-t-elle dans un communiqué, visant Laurent Wauquiez, entre autres.

"Je demande à nos électeurs de faire preuve de bon sens", a déclaré François Fillon mardi matin, selon le texte de son discours transmis par son service de presse.

"Je sais leur amertume, leur colère - je la ressens aussi! - mais notre devoir est de penser d'abord à l'avenir de notre pays. L'avenir, c'est d'éviter de voir la France présidée par l'extrémisme", a souligné l'ancien Premier ministre.

"L'avenir, c'est immédiatement après de placer la droite et le centre en situation de peser de toutes leurs forces sur l'action gouvernementale et parlementaire du quinquennat", a-t-il poursuivi, validant à demi-mot le scénario d'une cohabitation défendue notamment par François Baroin.

BAROIN MÈNERA LA BATAILLE DES LÉGISLATIVES

Le sénateur de l'Aube a été désigné mardi à l'unanimité chef de file de la campagne pour les élections législatives en bureau politique, a-t-on appris de source proche de la direction de LR.

Eric Woerth est confirmé à la tête d'un "comité du projet", document qui sera soumis la semaine prochaine au "BP".

"Je l'ai dit et je le redis, le programme économique du Front national appauvrirait la Nation de façon irrémédiable; la violence idéologique de ce parti diviserait les Français; son hostilité obsessionnelle à l'égard de l'Europe nous isolerait", a souligné François Fillon mardi.

"Il est alarmant de voir notre société et plus d'un électeur sur deux prêts à consentir aux solutions les plus extrêmes. C'est le signe que notre pays est malade de son déclin : ce terme de 'déclin' qu'on me reprochait autrefois prend tout son sens aujourd'hui", a-t-il plaidé.

"Mais ça n'est pas parce que la France va mal qu'il faut se jeter dans le vide", a insisté François Fillon.

Il a pressé la droite et le centre de rester unis pour les législatives des 11 et 18 juin, mettant en garde contre la tentation de rallier la nébuleuse "En Marche!".

"Il faut rester unis, il faut aller aux législatives sous nos couleurs, il faut se battre pour des convictions plutôt que pour des places isolées sur un strapontin", a-t-il dit, dans une pique voilée à ceux qui, comme Bruno Le Maire, n'excluent pas de travailler avec Emmanuel Macron si ce dernier n'obtenait pas la majorité absolue au Parlement.

"Plus vous resterez groupés, plus vous pèserez, plus vous pèserez plus vous serez incontournables, plus vous serez incontournables, mieux la France sera gérée", a-t-il estimé.

"Je vais désormais prendre du recul", a conclu François Fillon, confiant "à d'autres" la mission "de définir les conditions dans lesquelles se poursuivra l'activité de Force républicaine", le micro-parti qu'il dirigeait.

Selon Paris Match, le sénateur LR Bruno Retailleau, ex-coordinateur de la campagne de François Fillon, reprendrait les rênes de Force Républicaine. Quant à l'ex-candidat, il aurait "plusieurs pistes dans le privé", précise l'hebdomadaire.

(Sophie Louet et Emile Picy, édité par Yves Clarisse)

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