Fillon accuse Macron d'aveuglement sur la question de la nation

François Fillon a exalté jeudi à Strasbourg la nation et la culture françaises, en dénonçant le "nihilisme" d'Emmanuel Macron sur ces questions tout en cherchant à se démarquer de Marine Le Pen. /Photo prise le 6 avril 2017/REUTERS/Christian Hartmann

STRASBOURG (Reuters) - François Fillon a exalté jeudi à Strasbourg la nation et la culture françaises, en dénonçant le "nihilisme" d'Emmanuel Macron sur ces questions tout en cherchant à se démarquer de Marine Le Pen.

Le candidat de la droite et du centre, qui tente de rattraper son retard dans les sondages sur ses adversaires du Front national et d'En Marche !, s'en est pris à ceux pour qui la nation est devenue "un mot tabou".

"On n’ose plus prononcer les mots nation, patrie, racines. Par quelle faiblesse de l’esprit peut-on en arriver à dire 'je ne connais pas d’art français !' et 'il n’y a pas de culture française' ?", a-t-il ajouté. "Quel somnifère idéologique peut bien aveugler M. Macron lorsqu'il dit des choses pareilles ?", s’est-il interrogé devant plus de 3.000 personnes.

Le candidat d'En Marche ! avait déclaré en février : "Il n'y a d'ailleurs pas une culture française, il y a une culture en France, elle est diverse, elle est multiple." L'ancien ministre avait par la suite attaqué ceux qui, à gauche, renient selon lui l'histoire de France et cèdent aux "tentations du communautarisme" et ceux qui, à droite et à l'extrême droite, "défendent une France rabougrie".

François Fillon a ensuite critiqué la dénonciation par Emmanuel Macron de la colonisation, qu'il avait qualifiée de crime conte l'humanité.

"Comment peut-on s'intégrer à un pays dont on dit qu’il n’a pas de culture et pas d’identité ? Comment peut-on se reconnaître dans une histoire dont on vous dit qu’elle n’a rien produit, sinon des crimes contre l’humanité", a-t-il dit.

"Chez Emmanuel Macron, le concept national est démodé; la France de demain, c’est un gigantesque espace de co-working où chacun vaque à ses occupations. En Marche !, c’est l’idéologie du bougisme, qui se déclare ennemie de toute forme de permanence", a-t-il asséné.

François Fillon, qui souhaite que l'on enseigne un "récit national" à l'école, a voulu dans le même temps se démarquer de Marine Le Pen.

"La solution, ça ne sera jamais de se retrancher derrière sa ligne Maginot et de renoncer à se battre en attendant la prochaine défaite !", a dit l’ancien Premier ministre en désignant les risques d’une sortie de l’Union européenne.

"Marine Le Pen, (Jean-Luc) Mélenchon et bien d’autres rêvent d’en finir avec 60 années de coopération mais pour quoi ? Pour revenir au chacun pour soi face aux sept milliards d’habitants que compte notre monde ?", a-t-il poursuivi devant un public alsacien traditionnellement attaché à la construction européenne.

Le député de Paris, qui n'a pas fait allusion à l'affaire des emplois familiaux présumés fictifs, a été aspergé de farine alors qu'il arrivait au meeting.

"Comme vous avez pu le constater il y a quelques instants, je suis victime d'un acharnement pitoyable. J'espère au moins que la farine était française !", a-t-il réagi à la tribune, après avoir changé de costume.

(Gilbert Reilhac, édité par Jean-Baptiste Vey)

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