La filleule de Vladimir Poutine a quitté la Russie en secret

La filleule de Vladimir Poutine a quitté la Russie en secret
Ksenia Sobchak, en mars 2018 à Moscou  - Kirill KUDRYAVTSEV / AFP
Ksenia Sobchak, en mars 2018 à Moscou - Kirill KUDRYAVTSEV / AFP

Une fuite qui illustre la situation instable actuellement en Russie, en marge de l'invasion militaire en Ukraine. La présentatrice de télévision et journaliste russe, Ksenia Sobchak, qui ces dernières années s'était également engagée en politique, a quitté le pays pour la Lituanie, assurent plusieurs médias dont The Guardian.

Un départ symbolique puisque Ksenia, 40 ans, est la fille d'Anatoli Sobchak, un ancien responsable politique mort en 2000 que Poutine désignait comme son mentor. Elle est également la filleule de l'actuel président de fédération de Russie et s'était présentée contre lui à la dernière élection présidentielle, au cours de laquelle elle avait récolté moins de 2% des scrutins.

Présence confirmée en Lituanie

Selon le média anglo-saxon, ce départ précipité a été encouragé par la perquisition d'une de ses maisons par la police de Moscou. Dans un premier temps, elle aurait traversé la Biélorussie en voiture avant de couper la frontière lituanienne à pied. Des images de vidéo-surveillance à la frontière lituano-biélorusse confirment ce passage.

Dans un premier temps, afin de brouiller les pistes et de semer les autorités russes, elle avait acheté des billets pour Dubaï via Istanbul.

Ce jeudi, Darius Jauniškis, chef du service de contre-espionnage, a également confirmé la présence de la journaliste dans son pays. "Sans aucun doute, elle est [en Lituanie] ... Je confirme le fait", a-t-il dit auprès d'une radio locale.

Pour entrer en Lituanie, Ksenia Sobchak a d'ailleurs dû utiliser son passeport israélien puisque depuis plusieurs semaines, les pays baltes (Estonie, Lettonie et donc Lituanie) ont interdit l'entrée sur leur territoire aux citoyens russes titulaire d'un visa touristique.

"En tant que citoyenne israélienne, avec un passeport valide, elle n'a pas besoin de visa et peut entrer en Lituanie et y rester jusqu'à 90 jours", a rajouté Jauniskis.

Recherchée

Selon l'agence de presse russe Tass, les autorités russes souhaitaient interpeller Sobchar pour son implication présumée dans une affaire pénale qui concerne Kirill Sukhanov, le directeur du média pour lequel elle collabore.

Comme l'avance The Guardian, un tribunal de Moscou a emprisonné Sukhanov mercredi pour avoir tenté d'extorquer 11 millions de roubles (environ 150.000 euros) à Sergey Chemezov, le chef de la société de défense d'État russe Rostec et ancien général du KGB proche de Poutine.

Article original publié sur BFMTV.com