Fillette noyée à Berck : 20 ans de prison pour Fabienne Kabou

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Fabienne Kabou a été condamnée ce vendredi à 20 ans de prison ferme aux assises de Saint-Omer pour avoir assassiné son bébé en l'abandonnant sur une plage de Berck-sur-Mer à marée montante. Dix huit ans de prison ferme avaient été requis par le procureur.

Elle risquait la prison à perpétuité, c’est finalement une peine de 20 ans de prison ferme qui a été prononcée ce vendredi contre Fabienne Kabou, 39 ans, qui comparaît depuis lundi pour homicide volontaire avec préméditation. Elle était poursuivie pour avoir, en novembre 2013, amené sa fille de 15 mois sur une plage de Berck (Pas-de-Calais) afin de la noyer.

“Un infanticide comme un autre”

L'assassinat de la petite Adélaïde est “un infanticide comme un autre”, a plaidé hier Me Jean-Christophe Boyer, l'avocat de l'une des parties civiles, au quatrième jour du procès de Fabienne Kabou. 

“La petite Ada, il y en aura d'autres, ça arrange tout le monde que ce soient des malades qui font ça, mais dire que ce sont des monstres, c'est dire que ce n'est pas un problème de société”, lance lors de sa plaidoirie, l'avocat de l'association l'Enfant Bleu, Me Jean-Christophe Boyer. Il s'agit selon lui d'un “drame familial”, “d'un infanticide comme un autre” qui “n'a rien d'historique”. Il contredit ainsi l'expert psychiatre Daniel Zagury qui avait estimé dans la matinée que Fabienne Kabou était “un cas historique”.

 


Elle se sentait “menacée par un danger pire que la mort”

Daniel Zagury a évoqué une femme “très intelligente” qui délire “du début à la fin. Déjà, "ma première impression face à Fabienne Kabou était singulière : elle a un langage de grande précision, son récit est dominé par l'intellectualisation et elle présente les faits comme une énigme”, a affirmé le Dr Zagury devant la cour.  

La “particularité du cas Kabou” ne tient pas “à ses délires eux-mêmes”, mais à “sa manière de se positionner face à ses délires, avec une tendance à l'intellectualisation”, a-t-il expliqué, affirmant “qu'elle était dans un mélange constant de cohérence et d'irrationalité”.Au moment de l'acte, elle lui a affirmé avoir été “poussée par une force extérieure”. “Je suis en conflit, je lutte contre quelque chose qui veut prendre l'ascendance sur moi”, lui aurait-elle dit. Fabienne Kabou, “dans son délire”, a tué sa fillette car elle se sentait “menacée par un danger pire que la mort”, par des “forces extérieures”. Son geste a “une dimension altruiste”, a-t-il dit.Selon lui, Kabou ne reconnaît pas qu'elle est malade, alors “elle adhère par défaut à la sorcellerie parce qu'elle n'a pas d'autres explications, c'est la version soft de son délire”.