"Une fille facile" de Rebecca Zlotowski avec Zahia Dehar, un conte rohmérien moins futile qu'il y paraît

Jean-François Lixon

Il y a deux manières de regarder Une fille Facile, de Rebecca Zlotowski (Planétarium, 2016), film présenté à Cannes en mai dernier dans la sélection de la Quinzaine des Réalisateurs. La première consisterait à considérer ce film comme une plongée sordide dans les yachts qui bordent le port de Cannes et de toutes les riches stations balnéaires. Des filles gâtées par la nature côté physique s'offrent à des hommes bien pourvus par la société côté portefeuille. Dans cette configuration, l'héroïne est Sofia, interprétée par la plantureuse Zahïa Dehar. Aujourd'hui mannequin, comédienne et patronne d'une maison de lingerie. Autrefois escort-girl, elle s'était rendue célèbre en 2010 par les ennuis judiciaires de certains footballeurs célèbres avec qui elle s'était prostituée alors qu'elle était encore mineure.


L'autre regard

L'autre regard que l'on peut poser sur le film, et c'est sans doute celui qu'a voulu proposer la réalisatrice, est moins racoleur. Il aurait pu être conté par Eric Rohmer sous un titre du style Sofia sur les yachts. Cette fois, le rôle principal n'est plus celui de Sofia tenu par Zahia Dehar. L'héroïne s'appelle Naïma (Mina Farid), c'est la cousine de la précédente. Plus jeune qu'elle, elle vient de fêter ses 16 ans. Naïma va passer ses vacances d'été dans les pas de son aînée, découvrant la sexualité en même temps que ses jours les moins séduisants.

A peine sortie (...)

Lire la suite sur Franceinfo

A lire aussi