Fichage ethnique dans le football : une pratique à géométrie variable

R.F., F.G. et Y.L.
Centre de formation de l’OL (Lyon). Les dirigeants lyonnais prétendent que, dans le Rhône, « la mixité se fait naturellement »

Si Lyon ou Nantes jurent ne pas s’adonner à cette pratique illégale, d’autres recruteurs sont moins catégoriques.


Eviter les dangers du communautarisme à l’intérieur d’une équipe, sans céder à la tentation des quotas. C’est l’équilibre instable que doivent trouver nombre de dirigeants, recruteurs et entraîneurs de clubs français. Et la limite du hors-jeu n’est jamais loin.

Cet ex-recruteur d’un club de Ligue 1 se souvient d’une expérience précise, il y a quelques années : « Le responsable du centre de formation me disait : Je ne veux pas quatorze Camerounais sur quatorze dans mon équipe. C’était sa manière de dire qu’il voulait des joueurs de toutes origines, blancs, maghrébins, noirs… Il n’y avait rien de gravé dans le marbre, c’était simplement des consignes orales. Il estimait qu’une trop forte proportion de joueurs d’une même origine pouvait créer des clans au sein de l’effectif et dans le club. Ce type de consignes, cela m’est arrivé une fois en 22 ans dans le football ».


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Sans commenter directement les faits reprochés actuellement au PSG, un acteur important du recrutement de la formation lyonnaise ces dernières années expose sa vision. « A l’OL, nous n’avons jamais eu de discussion sur l’origine ethnique ou le faciès des joueurs. La mixité se fait naturellement. Une génération peut avoir plus de joueurs d’une origine ou d’une religion donnée, puis l’équilibre se fait tout seul sur la suivante ».

« Mon club veut tout savoir, y compris l’origine ethnique »

Pas de fichage donc à Lyon, pas plus qu’au FC Nantes. « Nos seuls critères hors football concernent l’environnement du joueur et sa capacité à fonctionner dans un cadre strict et rigide, avance Matthieu Bideau, responsable du recrutement du centre de formation des Canaris. Dans cette optique, nous sommes souvent amenés à contacter les CPE (conseiller principal d’éducation) des enfants. Ce sont eux qui ont la meilleure vision globale ».

A l’étranger, (...)

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