Feux d'artifice et rues désertes pour saluer la fin d'une année éprouvante

par Gareth Jones et Peter Graff
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FEUX D'ARTIFICE ET RUES DÉSERTES POUR SALUER LA FIN DE 2020

par Gareth Jones et Peter Graff

(Reuters) - Le traditionnel feu d'artifice sur la baie de Sydney avec vue grandiose sur l'iconique Opéra a bien eu lieu cette année, mais sans ses centaines de spectateurs les yeux brillants d'éclats incandescents, condamnés à fêter chez eux la fin d'une année qui ne va manquer à personne.

Pékin a de son côté renoncé à ses feux d'artifice. A travers le monde, les hauts lieux de célébrations du nouvel an se sont barricadés, comme Trafalgar Square à Londres, la Place Rouge à Moscou ou encore la place Saint-Pierre à Rome, qui ne verra pas les fêtards plonger dans le Tibre cette année.

Même restriction sur les Champs-Elysées à Paris. "Rappel, le couvre-feu s'applique ce soir de 20h00 à 06h00 du matin", a rappelé la préfecture de police sur Twitter. "Les déplacements sont interdits, sauf cas spécifiques. Les fêtes clandestines sont, par définition, interdites et présentent de forts risques de propagation du COVID-19."

A New York, le décompte du Nouvel An aura bien lieu à Broadway, mais pour un nombre réduit de spectateurs composés d'infirmières, de médecins et d'autres travailleurs essentiels, leur familles pouvant se joindre à eux, mais à un mètre de distance et dans des espaces clos.

BON DÉBARRAS, 2020. BONJOUR, 2021

Avec plus de 1,7 million de morts et 82 millions de personnes infectées dans le monde en un an, la fin de cette année ne ressemble à aucune autre dans les mémoires. C'est ce qu'a déclaré Angela Merkel, dans son 16e discours de la veille du nouvel an.

"Je ne crois pas exagérer en déclarant que jamais, au cours des 15 dernières années, nous n'avons trouvé l'année écoulée aussi pesante. Et jamais nous n'avons, malgré toutes les inquiétudes et un certain scepticisme, attendu celle à venir avec autant d'espoir", a dit la chancelière allemande, dont le quatrième et dernier mandat doit s'achever avec les élections législatives de septembre prochain.

"Je ne peux qu'imaginer l'amertume que doivent ressentir ceux qui pleurent des êtres chers perdus à cause du coronavirus ou qui doivent se battre contre les répercussions d'une maladie lorsque le virus est contesté et nié par certains individus sans espoir", a ajouté Angela Merkel, 66 ans, qui a annoncé qu'elle se ferait vacciner dès que possible.

L'Allemagne a interdit la vente de feux d'artifice pour décourager les foules. Les autorités de Berlin ont prévenu que la police "punirait systématiquement les contrevenants".

UNE ANNÉE D'ENFER

Dans la ville chinoise de Wuhan, d'où la pandémie est partie il y a un an, des milliers de personnes devraient se rassembler dans des lieux publics du centre ville pour le compte à rebours de 2021. Certains ont dit qu'ils seraient prudents, mais ils n'étaient pas particulièrement inquiets.

"La sécurité est la priorité", a déclaré Wang Xuemei, 23 ans, un enseignant de Wuhan.

En Australie, où, fuseaux horaires obligent, les feux d'artifice de l'Opéra de Sydney sont retransmis dans le monde entier comme le premier grand spectacle visuel de la nouvelle année, la circulation a été restreinte, les rassemblements interdits et les frontières intérieures fermées. La plupart des habitants n'ont pu se rendre dans le centre-ville de Sydney dans la nuit de jeudi à vendredi.

"Quelle année d'enfer cela a été", a déploré Gladys Berejiklian, Première ministre de l'État de Nouvelle-Galles du Sud, qui comprend Sydney. "J'espère que 2021 sera plus facile pour nous tous."

La pandémie n'a pas empêché la Corée du Nord d'organiser sa grande fête à Pyongyang, les médias d'État ont diffusé des images de gens masqués faisant la fête sur la place principale avec concert et feux d'artifice.

Sur la place de la Puerta del Sol à Madrid, qui grouille habituellement de monde, il n'y aura pas de fêtards avalant douze grains de raisin, un par un, au rythme des douze coups de minuit. En Espagne, le couvre-feu de minuit a été étendu à 01h30 du matin pour la nuit, mais la plupart des résidents sont censés rester chez eux.

Alors que la police traînait des barrières métalliques sur la place, José Angel Balsa, un retraité de 61 ans, a déclaré qu'il passerait la soirée "avec sa famille, juste nous quatre à la maison, en faisant beaucoup d'appels vidéo et en espérant que cela se termine le plus tôt possible".

En Grande-Bretagne, où une variante très contagieuse du virus se répand et où la plupart des gens sont soumis à des restrictions sévères, des panneaux d'affichage officiels invitent le public à "assister au Nouvel An chez soi en toute sécurité". Des barrières ont été érigées dans des lieux publics tels que Trafalgar Square et Parliament Square à Londres.

Les autorités russes interdisent aux gens de se rassembler sur la Place Rouge. Les bars et les restaurants devraient fermer avant minuit, mais il y aura bien des feux d'artifice.

En Italie, les bars, les restaurants et la plupart des magasins ont été fermés, et un couvre-feu a été imposé pour la veille du Nouvel An à 22h00. Le pape François ne présidera pas les célébrations de la Saint-Sylvestre et du Jour de l'An à la basilique Saint-Pierre en raison d'une sciatique, annonce jeudi le Vatican.

En France, où un couvre-feu nocturne sera également en vigueur, pas plus de six adultes sont autorisés à partager les agapes du réveillons. Il y aura cependant des célébrations, petites sûrement, mais avec style.

"A la Ville de Rodez", une épicerie fine parisienne haut de gamme, le gérant Brice Tapon prépare des paquets de foie gras, de truffes et de pâté pour des groupes de deux ou trois personnes. "Je vais me gaver de foie gras, de champagne et de toute cette nourriture", prévoit Annie Chaplin, une cliente. "Et je resterai à la maison."

(Rédactions de Reuters, Version française Kate Entringer)