Festival de San Sebastian: «Great Yarmouth, provisional figures» de Marco Martins, fantômes dans une ville fantôme

En sélection officielle au festival de San Sebastian, Great Yarmouth, provisional figures. Un long métrage du réalisateur portugais Marco Martins sur l'immigration portugaise sur la côte Est de l'Angleterre. Un film noir comme un cauchemar, porté par des comédiens époustouflants.

De notre envoyée spéciale à San Sebastián,

Ici tout est sombre... Nous sommes à Great Yarmouth qui fut, autrefois, explique le commentaire en voix off et en anglais, une pimpante station balnéaire de l'après-guerre. Aujourd'hui vidée de ses forces vives et décrépite, c'est un troisième âge appauvri qui vient y dépenser sa pension sur les machines à sous et autres bingos. Un bord de mer qu'on ne voit presque pas ou presque -des dunes et des marais-, mais présent dans les mots que répète Tania, le personnage principal, comme un mantra : « chambre avec vue sur la mer »... Tania, qui a toujours un écouteur vissé dans l'oreille et répète ses leçons d'anglais pour préparer « l'après » : « chambre avec vue sur la mer », « cuisine américaine équipée »... Le rêve de Tania : rénover la pension qu'elle gère pour en faire une résidence pour le troisième âge. Pour ça, elle apprend aussi à danser « en file », ces danses de saloon très portées dans les clubs de personnages âgées.

Comme les dindes, les migrants portugais se laissent conduire à l'abattoir par une mafia anglaise, dont le compagnon de Tania, personnage louche qui perd des fortunes aux courses de lévrier. Quand un lumpen exploite un autre lumpen. Mais la machine à cash va s'enrayer quand les proches d'un migrant portugais mort viennent demander des comptes.


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